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CEMAC : Les États doivent déjà plus de 12 200 milliards FCFA au système bancaire, presque autant que les entreprises et ménages

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C'est ce qui ressort des données de la Banque des Etats de l'Afrique centrale à fin septembre. À fin juin 2026, les créances nettes du système monétaire sur les États de la CEMAC atteignaient 12 218,3 milliards FCFA, contre 10 873,3 milliards un an auparavant. La hausse ressort à 12,4% en douze mois et a contribué pour 6,1 points à la progression de la masse monétaire régionale. Le montant donne la mesure de la place désormais occupée par les besoins publics dans les bilans bancaires. Il progresse plus rapidement que les concours accordés à l'économie sur la même période.

À la même date, les crédits aux entreprises, ménages et autres agents économiques s'établissaient à 13 638,7 milliards FCFA, en hausse de 8,8%. Les créances nettes sur les États représentent donc près de 90% du stock de crédits à l'économie. L'écart entre les deux masses n'est plus que d'environ 1 420 milliards FCFA. Dans plusieurs pays, notamment au Gabon et au Congo, les créances nettes sur l'État dépassent même déjà le volume des crédits accordés à l'économie.

La BEAC attribue directement cette progression aux " besoins de trésorerie et de financement des États ", dans un contexte de service de la dette élevé et de marges budgétaires étroites. Elle souligne également le recours soutenu des gouvernements au marché régional des titres publics, dont l'encours atteignait déjà 10 219,3 milliards FCFA à fin juin. Les banques interviennent ainsi à la fois par les crédits et créances sur les administrations et par leurs achats massifs de bons et obligations du Trésor. Cette double exposition renforce les liens financiers entre les États et le système bancaire régional.

Cette situation n'empêche pas la progression du financement privé, mais celui-ci reste majoritairement orienté vers les maturités courtes. Les crédits à court terme représentent 55,1% de l'encours bancaire régional, contre 41% pour le moyen terme et seulement 3,9% pour le long terme. En valeur, les concours à long terme ont pourtant progressé de 20% sur un an, mais leur poids demeure marginal. Pour les entreprises engagées dans des investissements industriels, miniers ou d'infrastructures, l'accès à des ressources longues reste donc nettement plus limité que celui aux financements de trésorerie.

La banque centrale range désormais les besoins élevés de financement publics, l'accumulation potentielle d'arriérés et le poids du service de la dette parmi les principaux risques internes pesant sur la CEMAC. Elle appelle parallèlement à améliorer la mobilisation des recettes non pétrolières, l'efficacité de la dépense publique et la gestion de la dette. Avec plus de 12 000 milliards FCFA de créances nettes sur les gouvernements, le rapport met en évidence l'importance prise par les États dans le système monétaire régional. L'évolution future de cette exposition dépendra largement de la capacité des finances publiques à réduire leurs besoins récurrents de financement.

Idrissa Diakité

Publié le 02/10/26 11:10

La Rédaction

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