Le Royaume-Uni a annoncé, ce mercredi, la mobilisation de 331 millions de livres sterling, soit environ 438,2 millions de dollars, pour financer la lutte contre l'instabilité liée au changement climatique et à la perte de biodiversité. Cette enveloppe sera versée au Fonds pour l'environnement mondial (FEM), qui doit notamment l'utiliser pour renforcer la sécurité alimentaire et hydrique ainsi que la protection des écosystèmes. Parmi les espaces explicitement mentionnés figurent les forêts des bassins amazonien et du Congo.
L'annonce a été faite lors de la Climate Week de New York, organisée en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. À cette occasion, le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, a appelé les dirigeants mondiaux à intégrer les risques climatiques dans l'évaluation des menaces pesant sur leur sécurité nationale.
Selon lui, les conséquences d'un choc environnemental dépassent rapidement les frontières du pays dans lequel il survient. " Un choc qui débute dans un pays peut rapidement se propager à d'autres ", a-t-il averti, en évoquant notamment les chaînes d'approvisionnement, les marchés financiers et les mouvements migratoires.
Le Bassin du Congo déjà au centre de nouveaux financements
Cette nouvelle enveloppe britannique intervient alors que le Bassin du Congo fait déjà l'objet d'un effort accru de mobilisation de financements internationaux. Le 26 mai, à Brazzaville, en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, les partenaires financiers du Fonds bleu pour le Bassin du Congo ont annoncé la mobilisation de plus de 3 milliards de dollars en faveur de 63 projets à faible émission de carbone dans cette région forestière, la deuxième plus vaste du monde après l'Amazonie.
Ces engagements constituent une première partie du financement du programme prioritaire du Fonds bleu. Son portefeuille global comprend 70 projets, pour un montant évalué à 5,72 milliards de dollars par les 17 pays membres de la Commission climat du Bassin du Congo. L'objectif est de financer des projets liés notamment à la préservation des forêts, à la gestion durable des ressources naturelles et au développement d'activités économiques à faible intensité carbone.
Plusieurs institutions ont déjà annoncé leur participation à cet effort. Le Groupe de la Banque mondiale a promis 1 milliard de dollars. La Banque de développement des États de l'Afrique centrale (BDEAC), qui héberge le mécanisme financier du Fonds bleu, prévoit de mobiliser l'équivalent de 600 millions de dollars.
La Chambre africaine de commerce de Scandinavie a annoncé une contribution de 600 millions de dollars sous forme de dons. Le Fonds vert pour le climat a, pour sa part, promis 320 millions de dollars, tandis que le Fonds souverain africain a apporté une garantie financière de 500 millions de dollars pour la période 2026-2028. La Banque africaine de développement a également annoncé un financement préliminaire de 250 millions de dollars.
Ces financements doivent bénéficier à six pays du Bassin du Congo : le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, la République du Congo et la République démocratique du Congo. La région abrite près de 300 millions d'hectares de forêts et de tourbières et constitue l'un des principaux puits de carbone de la planète. Ses écosystèmes stockent plusieurs milliards de tonnes de carbone et fournissent des revenus ainsi que des services environnementaux à des dizaines de millions de personnes.
Dans ce contexte, l'orientation donnée par Londres à sa nouvelle enveloppe, avec un passage par le FEM et une référence explicite au Bassin du Congo, pourrait ouvrir une source supplémentaire de financement pour les initiatives climatiques et environnementales dans la région.
Claude Paul Tjeg
Publié le 24/09/26 09:21
La Rédaction
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