Le Nigeria vient de signer avec les États-Unis un accord-cadre destiné à faciliter l'entrée des investisseurs américains dans son secteur minier, dont le potentiel est estimé par Abuja à 700 milliards USD. Le document a été paraphé ce mercredi à New York, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, par le ministre nigérian du Développement des minerais solides, Dele Alake, et le secrétaire d'État adjoint américain, Christopher Landau.
Le texte couvre plusieurs volets, notamment les données géologiques, l'exploration, le développement et la transformation des minerais, ainsi que les infrastructures et la formation technique. Selon Reuters, l'entente doit permettre aux entreprises américaines d'accéder plus facilement aux ressources minérales nigérianes, alors que Washington cherche à sécuriser ses approvisionnements en minerais utilisés notamment dans les véhicules électriques et les infrastructures liées aux énergies renouvelables.
Cette initiative intervient dans un contexte de concurrence accrue entre les États-Unis et la Chine pour l'accès aux minerais critiques africains. Les entreprises chinoises comptent déjà parmi les investisseurs étrangers les plus présents dans l'industrie naissante du lithium au Nigeria. La rivalité entre Washington et Pékin s'étend également à d'autres pays du continent, notamment à la République démocratique du Congo, où les États-Unis ont conclu un accord minier avec les autorités pour renforcer leur présence dans un secteur largement dominé par les intérêts chinois.
Sortir du modèle de l'exportation brute
Pour Abuja, l'enjeu dépasse toutefois la simple attraction de capitaux étrangers. Le gouvernement nigérian veut rompre avec un modèle dans lequel le pays exporte principalement ses minerais à l'état brut, tandis que l'essentiel de la valeur ajoutée est créé à l'étranger. Dans un communiqué relayé par son ministère, Dele Alake a ainsi affirmé vouloir " transformer ce potentiel en une valeur durable pour notre pays ", en misant notamment sur la transformation locale et la création d'emplois qualifiés.
Cette stratégie s'appuie sur plusieurs minerais considérés comme stratégiques pour les chaînes industrielles mondiales. Le lithium, l'étain, le tantale et le niobium figurent parmi les ressources nigérianes susceptibles de bénéficier de la hausse de la demande mondiale, portée par les besoins de l'industrie des batteries, de l'électronique, des technologies énergétiques et de la défense. Pour le Nigeria, dont les recettes et les exportations restent fortement liées au pétrole, le développement de cette filière constitue également un levier de diversification de l'économie.
L'accord-cadre ne se traduit toutefois pas encore par des investissements américains déterminés ni par l'attribution de projets miniers précis. Il doit plutôt servir de cadre à l'identification de projets jugés viables, à la mobilisation de capitaux et à la mise en place de partenariats commerciaux entre entreprises nigérianes et américaines. Pour Abuja, la prochaine étape consistera donc à transformer cette coopération diplomatique en projets industriels capables d'accroître la production, la transformation locale et la valeur créée au Nigeria.
Claude Paul Tjeg
Publié le 24/09/26 16:59
La Rédaction
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