Le commerce mondial poursuit son expansion à un rythme soutenu en 2026, mais cette dynamique masque des disparités croissantes et une influence grandissante des effets de prix. Selon la dernière mise à jour sur le commerce mondial de juillet août 2026, les échanges de marchandises ont atteint environ 13 700 milliards de dollars au premier semestre, en progression de 12,5% sur un an. Les services ont, eux, augmenté de 10,5%.
Au total, biens et services ont généré près de 2 000 milliards de dollars supplémentaires, mettant le commerce international sur la trajectoire d'un nouveau record annuel.
Une croissance largement alimentée par l'inflation des échanges
Derrière ces chiffres impressionnants, l'accroissement des volumes apparaît toutefois moins robuste. ‘'Une part importante de la hausse reflète l'augmentation des prix plutôt qu'une croissance réelle des volumes échangés'', souligne le communiqué de la CNUCED.
Les tensions sur les chaînes logistiques et les perturbations du transport maritime dans le détroit d'Hormuz ont renchéri l'énergie, le fret et les coûts de production. Les prix des marchandises échangées ont ainsi augmenté de 3,6% au premier trimestre et pourraient avoir progressé d'environ 5% au deuxième trimestre.
L'Asie de l'Est concentre l'essentiel de la dynamique
La croissance demeure par ailleurs très inégalement répartie. L'Asie de l'Est s'impose comme le principal moteur du commerce mondial, portée notamment par la vigueur des exportations et importations chinoises et sud coréennes.
Cette région joue également un rôle déterminant dans les échanges entre économies en développement. Hors Asie de l'Est, le commerce Sud-Sud a même reculé au premier trimestre. Dans le même temps, l'excédent commercial de la Chine s'est accru, tandis que le déficit des Etats-Unis s'est contracté.
L'IA propulse les minerais et les semi-conducteurs
La transformation technologique constitue l'autre grand moteur des échanges. La demande liée à l'intelligence artificielle, aux infrastructures numériques et à la mobilité électrique a fortement stimulé le commerce des produits technologiques.
Au premier trimestre, les échanges de minerais essentiels ont bondi de 38%, ceux de semi-conducteurs de 25%, tandis que les batteries ont progressé de 15%, les produits TIC de 14% et les véhicules électriques de 11%.
À l'inverse, les échanges de produits chimiques, de fer et d'acier ainsi que de certains équipements liés aux énergies renouvelables ont reculé. Le commerce des combustibles fossiles a, quant à lui, augmenté principalement sous l'effet de la hausse des prix.
La photographie du premier semestre est donc contrastée. Le commerce mondial avance vers un record, mais cette performance repose autant sur la hausse des prix que sur l'augmentation des volumes, avec une croissance concentrée sur l'Asie et les secteurs stratégiques de la nouvelle économie.
Publié le 17/08/26 17:08
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC