Moins de deux ans après le lancement de la 5G au Congo, la technologie couvre désormais la moitié du territoire. L'annonce a été faite jeudi 12 février 2026 par Karl Toriola, vice-président de MTN pour l'Afrique francophone, à l'issue d'une audience avec le président Denis Sassou Nguesso.
" À ce jour, le Congo affiche un taux de couverture 5G estimé à 50 % ", a déclaré Karl Toriola. Le dirigeant a souligné que ce niveau de déploiement place le pays à un rang élevé sur le continent. Il a même établi une comparaison avec son pays d'origine. " C'est beaucoup plus que mon pays, le Nigeria, et je suis personnellement fier de voir le Congo enregistrer une telle avance ", a-t-il affirmé.
Karl Toriola a également insisté sur la dynamique d'extension du réseau 4G en parallèle de la 5G. " Plus de 100 villages ont été connectés grâce au lancement de nouvelles infrastructures ", a-t-il indiqué. Il a précisé que cette couverture permet désormais aux populations rurales " d'effectuer des appels vidéo, de télécharger des documents et d'accéder à divers services numériques ".
Pour le responsable régional de MTN, ces investissements reposent sur un environnement jugé favorable. " Ces avancées ne sont possibles que grâce à un environnement stable au Congo ", a-t-il soutenu, estimant que cette stabilité constitue un facteur déterminant pour les décisions d'investissement et le déploiement d'infrastructures technologiques.
Rappelons que c'est le 21 novembre 2024 que le Congo en partenariat avec la filiale locale de MTN a lancé la 5G. Le réseau, initialement concentré sur Brazzaville et Pointe-Noire avec plus d'une centaine de sites, promettait des débits très élevés afin de soutenir l'inclusion numérique et l'accès aux services connectés. Début 2026, l'opérateur annonce une couverture atteignant 50 %, incluant des zones rurales.
Restructuration du tour de table
Au-delà des performances techniques, Karl Toriola a révélé que MTN " envisage d'ouvrir son capital aux entreprises congolaises ". L'objectif affiché est de renforcer l'ancrage local du groupe et d'encourager une participation accrue des acteurs nationaux au développement du numérique. Cette perspective s'inscrit dans une pratique déjà observée ailleurs sur le continent, bien avant le projet congolais. En Namibie, MTN avait engagé dès 2015 un processus de cession de 30 % de sa filiale à des investisseurs locaux.
Au Ghana, l'introduction en bourse de la filiale locale de MTN Group en 2016 avait suscité un fort engouement sur le marché financier, les banques locales anticipant une opération majeure estimée à plusieurs centaines de millions de dollars. L'opération visait à élargir l'actionnariat domestique et à renforcer la participation ghanéenne au capital de l'opérateur.
En Ouganda, en mars 2019, le président-directeur général de MTN Group, Rob Shuter, avait annoncé sur la chaîne NTV Uganda la volonté de porter la participation locale de 4 % à 20 %. " Ce que nous devons maintenant faire, c'est vraiment nous impliquer sur le marché et avec les autorités pour déterminer la demande, le montant des fonds disponibles et la meilleure façon de structurer cela ", déclarait-il alors.
Perton Biyiha
Publié le 13/02/26 10:45
La Rédaction
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CEMAC