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Congo : L’achèvement du data center national bloqué par un défaut de financement gouvernemental

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Le chantier du futur data center national du Congo, financé conjointement par la Banque africaine de développement (BAD) et l'État congolais, est aujourd'hui à l'arrêt, malgré un taux d'exécution estimé à 95 %. L'entreprise chinoise Sumec, adjudicataire du marché, impute cette suspension à l'incapacité du gouvernement à honorer sa dernière quote-part de financement, pourtant prévue dans le protocole d'accord signé avec la BAD.

Lors d'une visite du site menée récemment par le ministre des Postes, des Télécommunications et de l'Économie numérique, Léon Juste Ibombo, Sumec a fait part de sa frustration. "Nous avons démarré ce chantier avec la volonté de le livrer dans les délais. Mais faute de décaissement de la part du gouvernement, les travaux sont suspendus. Si la situation n'est pas régularisée d'ici à la fin du mois, nous envisagerons de nous retirer", a déclaré un responsable de la société chinoise.

Pour la BAD, principal bailleur du projet, cette interruption compromet le calendrier initial et perturbe l'organisation de son programme d'appui au secteur numérique congolais. L'institution avait déjà dépêché il y a trois mois son directeur pour l'Afrique centrale et de l'Ouest, Léandre Bassolé, afin d'évaluer l'état d'avancement du chantier.

Face à la menace de retrait de Sumec, le ministre Ibombo a tenté de rassurer. "Nous avons reçu la correspondance de l'entreprise nous notifiant ses intentions. Nous allons transmettre le dossier auprès du Premier ministre pour que les fonds soient débloqués dans les meilleurs délais", a-t-il déclaré.

Érigé sur l'ancien site de l'Union africaine des postes et télécommunications (UAPT), dans le deuxième arrondissement de Brazzaville, le data center est présenté comme l'infrastructure numérique la plus importante de la zone CEMAC. Il s'agit d'un immeuble de trois étages avec sous-sol, déjà équipé à moitié, destiné à héberger, stocker et traiter les données numériques produites au Congo.

Pour le Congo, cette infrastructure représente un levier de souveraineté numérique. Elle vise à réduire la dépendance du pays vis-à-vis des serveurs étrangers et à renforcer la sécurité électronique de l'État.

Selon les projections initiales, les travaux devaient être achevés avant la fin de l'année 2025, après plusieurs visites conjointes du ministère et de la BAD. Le bâtiment comprend des salles serveurs, un centre de supervision, des espaces de réunion et de conférence, ainsi que des locaux techniques dédiés à l'alimentation électrique et à la climatisation.

Ce projet s'inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique du Congo, qui cherche à moderniser l'administration et à améliorer l'accès au haut débit. Il complète d'autres initiatives régionales, notamment la connexion par fibre optique avec le Cameroun, le Gabon et la Centrafrique, et le Projet d'accélération de la transformation numérique (PATN), soutenu par la Banque mondiale à hauteur de 100 millions de dollars.

Mais malgré ces ambitions, le Congo affiche un retard structurel dans le domaine du numérique. Selon l'indice de développement de l'e-gouvernement publié par les Nations unies, le pays se classe 166e sur 193, avec un score d'infrastructure télécom de 0,2776 sur 1, inférieur à la moyenne africaine. Ces indicateurs traduisent la nécessité d'investissements massifs dans les infrastructures de base.

Publié le 21/10/25 16:34

La Rédaction

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