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Congo : Le FMI ouvre à Brazzaville les négociations pour un nouveau programme financier

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Une mission du Fonds monétaire international séjourne à Brazzaville du 24 septembre au 7 octobre 2026 pour ouvrir les négociations d'un nouveau programme financier avec la République du Congo. Conduite par Pilar Garcia Martinez, elle combine la consultation au titre de l'Article IV et les premières discussions autour d'un financement soutenu par la Facilité élargie de crédit. Reçue dès son arrivée par le ministre des Finances, Christian Yoka, l'équipe du FMI doit examiner pendant deux semaines les comptes publics, la dette, les perspectives économiques et les besoins de financement du pays.

Les discussions s'ouvrent dans un environnement financier encore tendu. Dans son évaluation publiée en mars, le FMI estimait la dette publique congolaise à 97,2% du PIB à fin 2025, contre 90,4% un an auparavant, avec une forte composante domestique et de nouveaux arriérés. Le Fonds classait toujours le Congo en situation de surendettement, malgré une trajectoire considérée comme soutenable sous réserve de réformes et d'un redressement budgétaire. Il relevait également les difficultés de trésorerie de l'État et les risques liés au poids croissant des titres publics congolais dans les bilans des banques de la CEMAC.

Le besoin de financement constituera donc l'un des points centraux des échanges. La loi de finances rectificative 2026 prévoit 2 778 milliards FCFA de recettes pour 2 561 milliards de dépenses, mais aussi un recours pouvant atteindre 1 041,6 milliards FCFA aux bons et obligations du Trésor pour équilibrer les opérations de financement. Cette dépendance au marché régional intervient après plusieurs opérations de refinancement engagées par Brazzaville sur les marchés internationaux et dans un contexte où le FMI recommandait déjà de privilégier davantage les financements concessionnels afin de limiter le coût du service de la dette.

Les deux parties devront également rapprocher leurs hypothèses économiques. Le gouvernement congolais a retenu une croissance de 5,5% en 2026, soutenue notamment par le pétrole et les activités hors hydrocarbures, alors que le FMI tablait jusqu'ici sur seulement 2,8%. Le Fonds anticipait une progression de 0,3% du secteur pétrolier et de 3,4% des activités hors pétrole. Cet écart de 2,7 points est loin d'être neutre : la croissance retenue déterminera les projections de recettes, le niveau du PIB utilisé pour mesurer l'endettement et, au bout du compte, l'effort budgétaire qui pourrait accompagner le futur programme.

Les négociations devraient enfin revenir sur plusieurs réformes déjà recommandées par le FMI : mobilisation accrue des recettes hors pétrole, réduction des exonérations, maîtrise des dépenses, amélioration de la gestion de la dette et des arriérés, renforcement du compte unique du Trésor et des systèmes de gestion des finances publiques. Ces mesures ne constituent toutefois pas encore les conditions arrêtées du futur programme : le montant de la nouvelle Facilité élargie de crédit, sa durée, ses décaissements et les engagements précis demandés au Congo restent à négocier. La mission qui s'achèvera le 7 octobre doit justement permettre de déterminer jusqu'où Brazzaville et le FMI peuvent rapprocher leurs positions avant une éventuelle conclusion d'un nouvel accord.

Idrissa Diakité

Publié le 25/09/26 08:15

La Rédaction

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