Le bois congolais n'avait pas coûté aussi cher depuis plus de deux ans. Au premier trimestre 2026, le prix des grumes exportées par la République du Congo a atteint 299,8 dollars le mètre cube, son niveau le plus élevé depuis le début de la série couverte par la note d'analyse publiée par la BEAC. C'est 11,7 % de plus qu'au quatrième trimestre 2025, où le mètre cube s'échangeait encore à 268,4 dollars. Les planches et contre-plaqués ont également progressé de 1,5 % à 646 dollars le mètre cube. Un signal positif pour une économie dont les forêts constituent le deuxième poumon d'exportation après le pétrole.
Ce rebond s'inscrit dans un trimestre globalement contrasté pour les exportations de la zone. Sur les vingt produits de base couverts par la note, les produits forestiers figurent parmi les rares catégories à afficher une progression, aux côtés des métaux et minéraux (+2,9 %) et des produits de la pêche (+2,1 %). Les produits agricoles, eux, s'effondrent de 21,8 % sur la période. Dans ce tableau en demi-teinte, la tenue des cours du bois représente un signal positif pour les pays de la zone dont la forêt constitue un pilier d'exportation, au premier rang desquels la République du Congo.
La demande mondiale de bois tropical constitue le principal moteur de cette hausse. Les marchés asiatiques et européens, principaux acheteurs de grumes et de sciages d'Afrique centrale, maintiennent une demande soutenue dans un contexte de contraintes persistantes d'approvisionnement à l'échelle mondiale. La certification croissante des essences tropicales, qui conditionne désormais l'accès à plusieurs marchés d'importation à normes environnementales élevées, soutient structurellement les prix sur la durée. À 299,8 dollars le mètre cube, les exportateurs forestiers congolais commercialisent leurs volumes à des niveaux qui améliorent mécaniquement leurs marges.
Les perspectives à court terme restent orientées positivement pour la filière. La Banque mondiale anticipe une hausse globale des prix des matières premières de 16 % en 2026, selon les projections citées dans la note de la BEAC. À 299,8 dollars le mètre cube, les opérateurs forestiers actifs au Congo pourront donc continuer à exporter à des prix qui améliorent leurs marges et, en théorie, les recettes fiscales de l'État. Le grand défi pour Brazzaville à moyen terme, sera de s'aligner sur la voie tracée par le Gabon, qui a imposé depuis plusieurs années l'obligation d'une première transformation locale avant toute exportation de bois brut. Une politique qui a permis à Libreville de capter une valeur ajoutée supplémentaire que le Congo continue, pour l'heure, de céder à ses acheteurs étrangers.
Idrissa Diakité
Publié le 19/06/26 18:24
La Rédaction
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