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Congo : Le " stress hydrique " de la liquidité bancaire au pays du pétrole

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C'est le constat dressé par la Direction Générale des Études, des Finances et des Relations Internationales (DGEFRI) de la BEAC. Malgré le maintien des recettes d'exportations pétrolières, le système bancaire de la République du Congo traverse des épisodes de tensions sur sa liquidité. Ce phénomène de " stress hydrique " financier s'explique par une déconnexion entre la richesse brute générée par les hydrocarbures et la monnaie réellement disponible pour le financement de l'économie intérieure. Le pays exporte son pétrole, mais ses banques peinent parfois à disposer des ressources nécessaires pour soutenir la demande de crédit.

Ce tarissement de la liquidité trouve sa source dans le mécanisme de gestion des devises. Le rapport indique que le remboursement accéléré de la dette extérieure et les sorties de capitaux pour les services pétroliers s'opèrent par une ponction directe sur les avoirs extérieurs. Ce drainage de devises réduit mécaniquement la contrepartie en monnaie locale dans le circuit bancaire congolais. Pour les banques de la place, cette situation se traduit par une gestion à flux tendus, où la priorité est donnée au refinancement à court terme plutôt qu'à l'accompagnement des projets d'investissement de long terme.

L'effet de ce stress monétaire est immédiat pour le secteur privé. Le rapport souligne que, bien que la croissance hors-pétrole soit résiliente, elle est freinée par le coût élevé de la ressource bancaire. Pour se protéger contre le risque de liquidité, les banques maintiennent des marges importantes, rendant le crédit rare et onéreux. Ce n'est donc pas l'absence de projets rentables qui bloque la diversification économique au Congo, mais l'incapacité du système financier à transformer la rente pétrolière en liquidités disponibles pour les entrepreneurs locaux.

Par ailleurs, cette tension sur le cash favorise une économie de plus en plus duale. D'un côté, les grandes entreprises extractives opèrent dans un circuit quasi autonome, et de l'autre, les PME et le secteur informel subissent de plein fouet l'assèchement des guichets bancaires. Le rapport de la Banque Centrale révèle d'ailleurs une hausse de la demande de refinancement des banques congolaises auprès de l'institution d'émission, signe que l'épargne locale ne suffit plus à couvrir les besoins de financement d'une économie en pleine mutation.

Idrissa Diakité

Publié le 09/04/26 13:14

La Rédaction

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