La République démocratique du Congo s'adresse, ce jeudi, aux investisseurs internationaux avec une première émission d'eurobonds, selon des informations rapportées par Reuters, qui cite deux sources du marché financier. L'opération porte sur des titres d'une maturité de 5 ans et de 10 ans.
 
Cette initiative s'inscrit dans un contexte jugé favorable par les autorités congolaises. D'après Reuters, le pays bénéficie actuellement " d'un boom des marchés des métaux et d'un rapprochement de ses relations avec les États-Unis ". Cette conjoncture extérieure constitue ainsi l'un des principaux arguments avancés pour soutenir l'appétit des investisseurs.
 
En amont de l'opération, les autorités ont publié, mercredi, une circulaire d'offre de base détaillant les principaux facteurs de risque. Le document met notamment en avant des vulnérabilités d'ordre sécuritaire et structurel. Il souligne que " les principaux risques économiques incluent le conflit dans l'est instable du pays ainsi que sa forte dépendance au secteur minier ". Par ailleurs, il précise que " les financements concessionnels ou semi-concessionnels représentaient 97 % de la dette extérieure du Congo à la fin de l'année dernière ", traduisant un profil d'endettement encore largement dominé par des ressources à conditions favorables.
 
Une première sortie calibrée à la baisse
 
Cette première émission intervient toutefois après un ajustement de la stratégie initiale annoncé en janvier. Selon Bloomberg, qui cite le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde, Kinshasa ne vise plus une levée immédiate de 1,5 milliard de dollars. Le montant de cette première opération a été ramené à 750 millions de dollars, avec la possibilité de revenir ultérieurement sur les marchés.
 
Cette approche graduelle s'aligne par ailleurs sur les orientations du Fonds monétaire international (FMI). Dans un rapport publié à la mi-janvier, l'institution indiquait que les autorités congolaises pourraient revoir à la baisse leurs ambitions initiales, en conditionnant toute émission aux paramètres de marché ainsi qu'à la rentabilité des projets financés.
 
Le FMI précise en effet que " toute émission reste tributaire des conditions de marché et de l'identification de projets offrant un rendement économique suffisant ", insistant sur la nécessité d'aligner les levées de fonds sur la soutenabilité de la dette. Cette exigence intervient alors que le pays met en œuvre un programme économique triennal engagé en 2025.
 
Perton Biyiha