Le financement de l'État congolais sur le marché régional des titres publics montre des signes de tension. Selon la note examinée le 13 juillet 2026 par le Comité national économique et financier (CNEF), réuni à Brazzaville sous la présidence du ministre des Finances Christian Yoka, le taux de couverture des besoins exprimés par le Trésor congolais sur le Marché des valeurs du Trésor (MVT) s'est établi à 69% entre janvier et avril 2026, soit un déficit de souscription de 31 points sur la période considérée.
Cette couverture partielle s'inscrit dans une structure d'émission déséquilibrée : les Obligations du trésor assimilables (OTA) représentent désormais 78,5% de l'encours des titres publics congolais, contre 21,5% pour les autres instruments, notamment les bons du Trésor assimilables (BTA) à plus court terme. Cette proportion traduit une dépendance marquée aux titres de moyen et long terme pour le financement de l'État.
Ce résultat contraste avec d'autres indicateurs financiers positifs relevés lors de la même session : les crédits bruts distribués par le système bancaire congolais ont progressé de 13,5% à fin mars 2026, pour atteindre 1 869 milliards FCFA, tandis que le taux des créances en souffrance reculait de 16,6% à 14,4% sur la période. Le Comité a par ailleurs pointé la faible part des financements à long terme dans l'économie, limitée à 2,4% des crédits distribués.
Ces chiffres s'inscrivent dans un contexte macroéconomique régional encadré par la BEAC, où l'inflation congolaise est demeurée maîtrisée à 1,4% en moyenne annuelle, très en deçà du seuil communautaire de 3% fixé pour la zone CEMAC, et où la croissance nationale est projetée à 5,2% pour l'ensemble de 2026, contre 4,8% en 2025. Ce différentiel entre performance macroéconomique et taux de couverture de 69% traduit quelque peu les limites actuelles du marché des capitaux CEMAC à absorber pleinement les émissions souveraines de ses États membres.
Idrissa Diakité
Publié le 16/07/26 16:42
La Rédaction
SN
CEMAC