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Cacao : La Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun s’unissent pour réduire les exportations de fèves brutes

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Les principaux producteurs africains de cacao veulent reprendre davantage de contrôle sur une chaîne de valeur largement dominée par les industriels du chocolat. La Côte d'Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun ont signé la Déclaration d'Abuja, un accord destiné à accélérer la transformation locale du cacao et à limiter progressivement l'exportation de fèves non transformées.

Cette alliance, conclue dans le cadre du Cocoa Value Addition Summit organisé à Abuja, au Nigeria, traduit une volonté commune des quatre pays de sortir d'un modèle essentiellement basé sur la fourniture de matières premières. Alors que l'Afrique assure une part majeure de l'approvisionnement mondial en cacao, une grande partie de la valeur générée par la transformation industrielle reste captée en dehors du continent.

À travers cette initiative, les pays signataires ambitionnent de développer une industrie régionale capable de produire davantage de beurre de cacao, de poudre, de chocolat et d'autres produits dérivés directement sur le continent. Ils souhaitent également renforcer leur capacité de négociation face aux acteurs internationaux en coordonnant leurs politiques dans le secteur.

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Le poids de cette nouvelle coalition repose sur la place stratégique occupée par ces quatre nations dans l'économie mondiale du cacao. La Côte d'Ivoire et le Ghana figurent parmi les deux premiers producteurs mondiaux, tandis que le Nigeria et le Cameroun comptent également parmi les principaux acteurs africains de la filière. Ensemble, ils représentent une part considérable de l'offre mondiale, leur donnant un levier important pour peser davantage sur les conditions commerciales du marché.

Cette démarche s'inscrit dans un contexte où les pays producteurs cherchent à augmenter leurs revenus issus du cacao. Pendant plusieurs décennies, l'essentiel de la valeur ajoutée a été créé après l'exportation des fèves, notamment dans les pays disposant d'une industrie de transformation avancée. Les gouvernements africains souhaitent désormais inverser cette tendance en favorisant l'installation d'usines locales et en développant des capacités industrielles sur place.

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Pour la Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao, cette orientation rejoint les efforts engagés ces dernières années pour accroître la transformation nationale. Le pays a progressivement augmenté ses capacités de broyage afin de réduire sa dépendance aux exportations de fèves et mieux valoriser sa production.

L'accord d'Abuja devra toutefois faire face à plusieurs défis, notamment la mobilisation des investissements nécessaires, l'amélioration des infrastructures industrielles et énergétiques ainsi que la coordination des politiques entre les différents pays producteurs. La réussite de cette stratégie dépendra aussi de la capacité des acteurs africains à attirer davantage d'investisseurs et à créer une véritable industrie régionale du cacao.

Fanuelle YAO 

Publié le 16/07/26 11:59

La Rédaction

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