Le Nigeria veut désormais tirer davantage de richesse de son cacao. Le président Bola Tinubu a annoncé, mardi 14 juillet, son intention de mettre un terme aux exportations de fèves de cacao brutes afin de privilégier leur transformation sur le territoire national. À travers cette orientation, Abuja ambitionne de développer une véritable industrie locale du chocolat, de créer davantage d'emplois et d'accroître les revenus générés par l'une de ses principales cultures d'exportation.
S'exprimant à l'ouverture du Forum africain sur le cacao, organisé à Abuja, le chef de l'État a estimé que le modèle consistant à exporter des matières premières avant de réimporter des produits finis ne permet plus aux pays producteurs de bénéficier pleinement de la valeur créée par la filière. Selon lui, le cacao nigérian doit désormais alimenter des usines locales capables de produire du beurre de cacao, de la poudre et du chocolat destinés aussi bien au marché national qu'à l'exportation.
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Cette stratégie s'inscrit dans le programme économique du gouvernement, qui mise sur l'industrialisation et la transformation locale pour diversifier les sources de croissance du pays. En développant les capacités de transformation, les autorités espèrent non seulement renforcer les recettes d'exportation, mais aussi stimuler l'investissement dans l'industrie agroalimentaire et favoriser la création d'emplois qualifiés.
Pour soutenir cette ambition, le président a indiqué qu'une nouvelle usine de transformation d'une capacité de 70 000 tonnes par an est en cours de développement à Sagamu, dans l'État d'Ogun. Il a également souligné que la capacité annuelle de broyage du Nigeria dépasse désormais 120 000 tonnes, un niveau qui devrait permettre au pays de transformer une part croissante de sa production.
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Au-delà du Nigeria, Bola Tinubu a appelé les autres grands producteurs africains à adopter une stratégie similaire. Il estime que le continent, qui fournit l'essentiel du cacao mondial, doit cesser d'être un simple fournisseur de matières premières et capter une plus grande part de la valeur de l'industrie du chocolat.
Cette volonté se traduit déjà par une coopération entre le Nigeria, la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Cameroun. Les quatre pays entendent promouvoir la transformation locale du cacao afin de renforcer leur position dans la chaîne de valeur mondiale et de réduire leur dépendance aux exportations de fèves brutes.
À ce stade, aucune interdiction officielle des exportations de cacao brut n'a toutefois été adoptée. L'annonce de Bola Tinubu constitue une orientation politique qui devra être accompagnée de mesures réglementaires pour entrer pleinement en vigueur.
Fanuelle YAO
Publié le 15/07/26 14:47
La Rédaction
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