Le Parlement congolais a pris acte mardi 14 juillet 2026, du Projet de Loi de finances rectificative pour l'exercice 2026, présenté par le Ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille Public, Christian Yoka, devant l'Assemblée nationale puis le Sénat. Le budget rectifié porte les dépenses de l'État à 2 561 milliards FCFA, contre 2 320 milliards FCFA en Loi de finances initiale, soit une progression de 10,4%. Les recettes sont quant à elles réévaluées à 2 778 milliards FCFA, contre 2 550 milliards FCFA initialement, en hausse de 8,9%.
Cette révision s'appuie sur des hypothèses macroéconomiques et pétrolières actualisées. Le taux de croissance est maintenu à 5,5%, tandis que l'inflation est ramenée à 2,7% contre 3,0% en prévision initiale. Le baril de brut congolais est révisé à 67 dollars contre 60,3 dollars initialement, soit une hausse de 11%, pour une production pétrolière inchangée à 105 millions de barils et un taux de change retenu à 550 FCFA pour un dollar. Ce collectif budgétaire dégage un excédent budgétaire prévisionnel de 216 milliards FCFA, en léger repli par rapport aux 230 milliards FCFA de la Loi de finances initiale, les dépenses progressant plus rapidement que les recettes.
Le Gouvernement justifie cet ajustement par deux facteurs. D'une part, le remaniement ministériel du 24 avril 2026 a nécessité des réajustements de crédits et d'autre part, la remontée des cours pétroliers au premier semestre, sur fond de tensions géopolitiques au Moyen-Orient, a permis d'anticiper une amélioration des recettes pétrolières, dans un contexte où le pétrole demeure le principal moteur des finances publiques congolaises.
Par ailleurs, ce collectif budgétaire confirme la sensibilité persistante des finances publiques congolaises aux cours mondiaux du brut. Le Ministre a d'ailleurs relevé un facteur de prudence à intégrer dans les analyses : l'accord de paix conclu entre les belligérants en fin de semestre a déjà inversé la tendance haussière des prix, une situation fragilisée par des violations répétées de cet accord. Les objectifs structurels demeurent toutefois inchangés, dans la continuité du Cadre budgétaire à moyen terme 2026-2028 : consolidation des recettes hors pétrole, maîtrise des dépenses de fonctionnement, réduction de la dette publique et reconstitution du fonds de stabilisation à la BEAC, autant de signaux à surveiller pour la trajectoire de soutenabilité budgétaire du pays.
Idrissa Diakité
Publié le 15/07/26 15:59
La Rédaction
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