Le gaz de pétrole liquéfié (GPL) s'impose discrètement comme l'un des faits marquants du premier trimestre 2026 sur le front pétrolier congolais. Selon les données de la Direction générale des hydrocarbures et de la Direction générale des ressources naturelles, compilées dans la note de conjoncture de la Direction générale de l'économie (DGE), les exportations de GPL ont bondi de 505,7% en glissement annuel, passant de 0,1 à 0,4 million de barils entre le premier trimestre 2025 et le premier trimestre 2026. Ce bond se traduit par des recettes d'exportation passées de 2,4 à 8,3 milliards FCFA sur la même période, soit une progression de 245,8%.
La décomposition par produit révèle que c'est le propane qui tire cette performance. Quasi absent des statistiques d'exportation un an plus tôt, il atteint 0,3 million de barils au premier trimestre 2026, générant 4,2 milliards FCFA de recettes. Le butane, pour sa part, affiche une progression plus modeste mais réelle, avec des volumes en hausse de 98,6% et une valeur exportée de 4,1 milliards FCFA contre 2,4 milliards FCFA un an auparavant.
Cette dynamique s'explique par la consolidation de la production gazière sur le gisement Nkossa blend, dont la production d'huiles brutes a progressé de 34,1% au cours du même trimestre, et par la mise en service de capacités de traitement et de liquéfaction plus performantes. Elle traduit également une meilleure valorisation commerciale d'un coproduit longtemps sous-exploité dans la structure d'exportation congolaise.
Cette montée en puissance du GPL ouvre une ligne de revenus complémentaire aux hydrocarbures bruts traditionnels, dans un contexte où les recettes pétrolières fiscales de l'État ont reculé de 19,1% au même trimestre malgré la hausse des volumes produits. Le GPL, produit transformé, offre une meilleure valeur ajoutée et une moindre sensibilité aux décotes appliquées sur les bruts congolais sur les marchés internationaux. Le Congo dispose d'importantes ressources gazières encore sous-valorisées, mais leur exploitation commerciale à grande échelle suppose des investissements en infrastructures que le contexte de contrainte budgétaire actuel rend encore difficiles à financer sur fonds propres.
Idrissa Diakité
Publié le 02/07/26 11:54
La Rédaction
SN
CEMAC