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Congo : L’interdiction des grumes commence à produire ses premiers résultats industriels avec plus de 21 milliards dans les caisses au 1er trimestre

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La politique congolaise d'interdiction des exportations de bois en grume en vigueur depuis 2023, longtemps critiquée par les opérateurs forestiers, livre ses premiers indicateurs tangibles au premier trimestre 2026. Selon la Note de conjoncture de la Direction générale de l'économie (DGE), la production de placages déroulés a quasi doublé sur un an, bondissant de 98,6% pour atteindre 5 383 mètres cubes contre 2 711 mètres cubes au premier trimestre 2025. Dans le même temps, les exportations de ce produit transformé progressent de 89,8% en volume, portées par une demande extérieure soutenue, notamment sur les marchés asiatiques et européens.

L'effet de cette réorientation se lit aussi dans les valeurs. Malgré une contraction globale de 7,3% des quantités de bois exportées, la valeur totale des exportations de bois transformés progresse de 3 %, s'établissant à 21,6 milliards FCFA contre 21 milliards FCFA un an plus tôt. Ce découplage entre volumes et valeurs traduit un rééquilibrage progressif de la structure exportatrice vers des produits à plus forte valeur ajoutée. Les exportations de placages déroulés en valeur bondissent de 80,8 %, compensant partiellement le recul des sciages (-10,1 % en volume).

Parallèlement, le secteur des matériaux de construction confirme sa dynamique. La production de ciment hydraulique grimpe de 23,2 % au premier trimestre 2026, atteignant 308 051 tonnes contre 245 405 tonnes à la même période de 2025. La production de clinker progresse de son côté de 11,5 %. La DGE attribue cette performance à l'augmentation des capacités de production des entreprises du secteur et à la reprise progressive de chantiers d'infrastructures publiques, notamment les travaux routiers et l'aménagement urbain. Le chiffre d'affaires global des industries des minéraux non métalliques ressort en hausse de 11,9 %, à 19,8 milliards FCFA.

Ces chiffres restent à mettre en perspective. L'enquête de conjoncture révèle que 80 % des entreprises forestières interrogées ne disposent pas des équipements nécessaires pour assurer une transformation locale suffisante, et que 60 % des opérateurs jugent la réglementation défavorable à leurs activités. La contrainte de financement et les coûts élevés de transformation locale demeurent des obstacles structurels. Les premiers résultats sont réels, mais la consolidation de cette trajectoire d'industrialisation appellera des investissements significatifs dans l'outil de production local pour que l'effet de substitution aux exportations brutes devienne irréversible.

Idrissa Diakité

Publié le 24/06/26 12:36

La Rédaction

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