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Congo : Pourquoi plus de 66% des entreprises attendent plus d'un mois pour payer leurs fournisseurs étrangers

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La réglementation des changes en vigueur dans la zone CEMAC, encadrée par le Règlement N°02/18/CEMAC/UMAC/CM du 21 décembre 2021, est censée fluidifier les opérations commerciales et financières avec l'extérieur. Dans les faits, son application au Congo génère des délais et des blocages qui pèsent directement sur la compétitivité des entreprises importatrices. C'est ce que documente, de manière précise et chiffrée, l'enquête de conjoncture menée par la Direction générale de l'économie au premier trimestre 2026.

66,7% des responsables d'entreprise interrogés déclarent avoir enregistré des retards supérieurs à un mois dans le règlement de leurs fournisseurs étrangers. En décomposant davantage, 57,7% rapportent des retards de plus d'un mois, 23,1% de plus de deux semaines et 19,2% de moins de deux semaines. Dans un contexte de tensions sur les chaînes d'approvisionnement internationales, notamment depuis la crise USA-Iran, des retards de paiement de cette ampleur peuvent conduire à la suspension des livraisons, à la perte de conditions tarifaires préférentielles et à la dégradation de la relation fournisseur.

Le deuxième indicateur concerne les délais de traitement des opérations par le système bancaire et douanier. 59,5% des responsables d'entreprise signalent des retards dans le traitement de leurs opérations de change, principalement imputables à la baisse des réserves de change et aux lenteurs dans les procédures douanières et bancaires. S'agissant des virements, 63,2% des répondants déclarent des délais de règlement supérieurs à une semaine, dont 18,4% entre quatre et sept jours et 18,4% inférieurs à trois jours seulement.

Ces dysfonctionnements se traduisent par une appréciation globalement négative du dispositif. 38,5% des responsables d'entreprise jugent la réglementation des changes défavorable ou très défavorable, contre 25,6% qui en ont une perception favorable et 30,8% qui adoptent une position neutre. Les difficultés administratives déclarées par 57,9% des répondants portent essentiellement sur les procédures douanières et fiscales ainsi que sur les transferts de fonds à l'étranger.

Dans un environnement où l'économie congolaise dépend à 94,5% d'intrants importés, selon la même note de conjoncture, et où les perturbations d'approvisionnement sont déjà amplifiées par des facteurs géopolitiques externes, des délais de paiement structurellement longs représentent un risque opérationnel additionnel difficile à absorber pour les PME locales. La résolution de ce goulot d'étranglement administratif apparaît comme un prérequis à une amélioration durable du climat des affaires, dans le prolongement des réformes structurelles attendues dans le cadre des discussions en cours avec le FMI.

Idrissa Diakité

Publié le 07/07/26 12:13

La Rédaction

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