La solvabilité du Congo vis-à-vis de ses créanciers multilatéraux est passée sous surveillance rapprochée. Dans sa dernière note d'analyses, le FMI estime que " la capacité du Congo à rembourser le Fonds est adéquate ", un satisfecit qui cache néanmoins des fragilités structurelles. Cette évaluation repose sur l'hypothèse d'une discipline budgétaire stricte, alors même que l'année 2025 a été marquée par des dérapages dans la gestion des dépenses publiques.
En effet, le véritable point de préoccupation réside dans la nature des risques qui pèsent sur ces créances. Le Fonds prévient que cette capacité de remboursement est " sujette à des risques significatifs ", notamment en raison de l'étroitesse du marché financier régional et de la volatilité des cours pétroliers. En d'autres termes, le moindre choc exogène pourrait transformer cette capacité de paiement en une crise de liquidité majeure, mettant en péril les engagements internationaux du pays.
L'institution de Bretton Woods pointe également du doigt des " besoins de refinancement importants ", qui pourraient saturer les capacités d'absorption des partenaires financiers. Dans sa note d'analyses, l'institution souligne ainsi que des " écarts de financement importants pourraient remettre en cause cette capacité " de remboursement si l'appétit des banques régionales pour les titres congolais venait à diminuer. Le Congo se retrouve donc dans une situation de dépendance critique vis-à-vis de la confiance des banques de la zone CEMAC pour honorer sa dette envers le FMI.
Par ailleurs, le FMI lie directement la sécurité de ses créances à la réussite du budget 2026 et à l'arrêt des arriérés. Les administrateurs soulignent qu'un " engagement fort avec le Fonds restera critique " pour maintenir la stabilité macroéconomique. À ce titre, le Congo n'a semble t-il plus droit à l'erreur budgétaire s'il veut conserver le soutien de ses bailleurs de fonds et éviter une dégradation irréversible de sa signature souveraine, déjà classée " en situation de surendettement ".
Publié le 17/03/26 12:18
La Rédaction
SN
CEMAC