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Congo : Vers un mécanisme pour permettre à l'État de capter davantage de recettes lorsque le baril flambe

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Dans son Rapport pays 2026, la Banque africaine de développement (BAD) recommande au Congo de mieux tirer parti d'un éventuel maintien des cours du pétrole à un niveau élevé. L'institution invite notamment les autorités à sécuriser les recettes issues des ventes de pétrole réalisées au-dessus du prix de référence retenu dans le budget, conformément aux recommandations de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).
 
Pour y parvenir, la BAD préconise l'instauration d'un mécanisme augmentant automatiquement la part des bénéfices reversée au Trésor lorsque le prix du baril dépasse ce seuil, sur le modèle d'un système de partage des superprofits. Elle recommande également de suspendre tout nouvel emprunt gagé sur les recettes pétrolières, afin que cette conjoncture favorable serve en priorité au désendettement du pays et au renforcement des finances publiques.
 
Ces recommandations interviennent dans un contexte de fortes incertitudes sur le marché pétrolier mondial. Les tensions persistantes au Moyen-Orient continuent d'entretenir une prime de risque sur les cours du brut. Sans avoir provoqué d'interruption du trafic dans le détroit d'Ormuz, ces incertitudes autour de cette voie maritime stratégique, par laquelle transite près d'un cinquième du pétrole consommé dans le monde, contribuent à soutenir les prix.
 
Dans ce contexte, la BAD retient l'hypothèse d'un baril à 100 dollars, contre 60 dollars dans les prévisions budgétaires du Congo. À ce niveau de prix, les recettes pétrolières de l'État pourraient dépasser 1 200 milliards de FCFA en 2026, contre moins de 1 000 milliards de FCFA un an plus tôt.
 
Pour une économie où les hydrocarbures représentent environ 90 % des exportations et près de 60 % des recettes publiques, une telle évolution améliorerait sensiblement les équilibres macroéconomiques. Selon la BAD, cet afflux de recettes supplémentaires pourrait accélérer la réduction de la dette publique, favoriser le retour à un excédent du compte courant et renforcer les réserves de change.
 
L'institution souligne toutefois que cette amélioration des finances publiques ne ferait pas disparaître les fragilités structurelles de l'économie congolaise. Le pays dépend des importations pour 70 % de ses besoins alimentaires et pour les deux tiers de sa consommation de carburant. Une hausse durable des cours du pétrole pourrait ainsi alimenter les tensions inflationnistes, renchérir les coûts du fret maritime ainsi que l'accès aux financements internationaux, fragilisant davantage les activités non pétrolières.
 
Ces recommandations interviennent alors que les recettes pétrolières du Congo ont reculé en 2025. Selon la Direction générale du Budget (DGB-DEP), elles se sont établies à 1 031,6 milliards de FCFA au 31 décembre, contre une prévision de 1 230,1 milliards, soit un taux d'exécution de 83,9 %. Elles sont en baisse de 158,4 milliards de FCFA (-13,3 %) par rapport aux 1 190 milliards de FCFA enregistrés en 2024.
 
Malgré ce repli, les recettes pétrolières sont demeurées la principale source de recettes non fiscales de l'État. Elles ont représenté 45,3 % des " autres recettes " budgétaires, évaluées à 1 125,3 milliards de FCFA, loin devant les 194 milliards de FCFA de droits et taxes de douane.
 
Perton Biyiha

Publié le 05/08/26 21:31

La Rédaction

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