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Côte d'Ivoire : ‘’La seconde raffinerie sera installée à San Pedro’’

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Un peu plus d'un an après la signature d'un protocole d'accord avec l'américain Yaatra Ventures, la Côte d'Ivoire précise les contours de son projet de deuxième raffinerie. L'infrastructure sera implantée à San Pedro, affichera une capacité de traitement de 170 000 barils par jour et devrait voir le jour avant 2040.

Le projet de seconde raffinerie ivoirienne gagne en lisibilité. Le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a confirmé, le 24 juillet 2026 à Yamoussoukro, que la future infrastructure sera construite à San Pedro, dans le sud-ouest du pays.

L'installation affichera une capacité de 170 000 barils par jour, soit près de trois fois celle de la Société ivoirienne de raffinage (SIR), selon le ministre. Sa réalisation est prévue avant 2040 dans le cadre de la Politique intégrée des ressources minérales et de l'énergie (PIRME), un programme de 38 000 milliards de FCFA, dont 88 % du financement devrait être assuré par le secteur privé.

Cette annonce apporte une précision majeure à un projet lancé il y a plus d'un an. En mai 2025, la SIR avait signé un mémorandum d'entente avec la firme américaine Yaatra Ventures pour la construction d'une deuxième raffinerie en Côte d'Ivoire. L'investissement potentiel était alors estimé à plus de 3 000 milliards de FCFA (plus de 5 milliards de dollars).

Si le principe de cette nouvelle unité était acquis, son implantation n'avait jamais été officiellement dévoilée. L'annonce faite à Yamoussoukro met ainsi fin aux spéculations : San Pedro accueillera l'un des plus importants projets industriels de l'histoire du secteur pétrolier ivoirien.

Pourquoi San Pedro ?

Initialement, le projet devait être implanté à Abidjan, en bordure de mer ou dans sa périphérie immédiate. Mais les contraintes foncières semblent avoir conduit les autorités à privilégier San Pedro.

La deuxième ville portuaire du pays dispose d'un accès direct à l'océan Atlantique, un atout déterminant pour l'approvisionnement en pétrole brut comme pour l'exportation des produits raffinés. Sa position géographique offre également une ouverture vers les marchés de l'ouest de la Côte d'Ivoire ainsi que vers plusieurs pays voisins, notamment la Guinée et le Mali.

Voir aussi - Pétrole et électricité : La Côte d'Ivoire capte 4 000 milliards FCFA d'engagements américains

Au-delà des considérations logistiques, ce choix répond aussi à une logique d'aménagement du territoire. En créant un second pôle pétrolier à San Pedro, l'État cherche à réduire la concentration des infrastructures stratégiques autour d'Abidjan et à renforcer la résilience de son dispositif énergétique.

Cette orientation est cohérente avec les autres investissements annoncés dans la ville. La GESTOCI, société publique chargée de la gestion des stocks pétroliers, prévoit notamment d'y construire un dépôt de 40 000 m³, destiné à accompagner les activités de stockage et de distribution de la future raffinerie.

À terme, San Pedro pourrait ainsi évoluer d'un port essentiellement tourné vers les exportations agricoles et minières vers une véritable plateforme énergétique intégrée, associant raffinage, stockage, logistique et, à terme, activités pétrochimiques.

Transformer davantage de brut localement

La future raffinerie répond avant tout au changement d'échelle du secteur pétrolier ivoirien.

Les découvertes majeures de Baleine et Calao ont profondément modifié les perspectives de production du pays. Leur développement progressif devrait accroître sensiblement les volumes de brut disponibles au cours des prochaines années.

Pour les autorités, l'enjeu est de transformer en bonne partie cette ressource sur le territoire national plutôt que de l'exporter à l'état brut. Sans nouvelles capacités de raffinage, la hausse de la production profiterait essentiellement aux exportations de pétrole brut, limitant les retombées industrielles locales.

La seconde raffinerie doit précisément permettre de capter une plus grande part de cette valeur ajoutée en produisant localement des carburants et d'autres produits dérivés destinés aussi bien au marché ivoirien qu'aux pays voisins.

Le projet répond également à une demande énergétique appelée à progresser sous l'effet de la croissance démographique, de l'urbanisation, du développement des transports et de l'industrialisation.

Publié le 27/07/26 14:13

Jean Mermoz Konandi

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