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Côte d’Ivoire : Doropo, l’autre mine d’or de ''classe mondiale'' prend forme

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Image utilisée à titre d'illustration 

Après Koné, appelé à devenir l'une des plus importantes mines d'or d'Afrique de l'Ouest, la Côte d'Ivoire voit un deuxième projet aurifère majeur basculer dans sa phase industrielle. Porté par l'australien Resolute Mining, Doropo représente un investissement initial de 516 millions USD, soit environ 281 milliards FCFA, et doit produire en moyenne 169 000 onces d'or, environ 5 tonnes, par an pendant treize ans. La première coulée est attendue au second semestre 2028.

Doropo n'est désormais plus un projet sur le papier. Au premier semestre 2026, Resolute Mining a obtenu les principales autorisations nécessaires à son développement, notamment le permis minier et les autorisations d'exploitation, avant d'approuver, le 12 mars, la décision finale d'investissement. Depuis, le projet situé dans le nord-est de la Côte d'Ivoire, à environ 480 kilomètres d'Abidjan, est entré dans une phase active de construction, indique la compagnie australienne dans son dernier rapport semestriel.

L'accélération est particulièrement visible depuis le deuxième trimestre. Resolute affirme avoir engagé 41 millions USD de dépenses d'investissement au cours des six premiers mois de l'année, dont 36,7 millions entre avril et juin. Le groupe prévoit désormais de consacrer entre 170 et 190 millions USD au projet sur l'ensemble de l'exercice 2026.

À ce stade, la compagnie assure que le chantier reste conforme au calendrier et au budget établis. L'objectif d'une première production d'or au second semestre 2028 est donc maintenu.

Une future mine de 169 000 onces par an

Par sa taille, Doropo appartient à la nouvelle génération des grands projets aurifères ivoiriens. Ses réserves représentent 59 millions de tonnes de minerai affichant une teneur moyenne de 1,3 gramme d'or par tonne, soit près de 2,5 millions d'onces susceptibles d'être extraites. Plus largement, ses ressources, qui englobent les réserves ainsi que les volumes dont le niveau de connaissance ou de rentabilité doit encore être davantage confirmé, atteignent 114 millions de tonnes, à une teneur moyenne de 1,2 gramme d'or par tonne. Elles représentent environ 4,4 millions d'onces.

Voir aussi - Côte d'Ivoire : Montage Gold annonce la première coulée d'or de la mine Koné avant fin 2026

Avec un investissement initial de 516 millions USD, Doropo reste moins imposant que Koné, développé par Montage Gold. Ce dernier vise une production supérieure à 300 000 onces par an durant ses premières années d'exploitation, sur une durée de vie actuellement estimée à seize ans. Sa première coulée est attendue à la fin du quatrième trimestre 2026.

Doropo n'en demeure pas moins un projet structurant. Resolute table sur une production moyenne annuelle de 169 000 onces pendant treize ans, soit environ 5 tonnes d'or par an.

Plus de la moitié des investissements mobilisée auprès des banques locales

L'un des aspects les plus remarquables du montage financier de Doropo réside dans la place accordée au secteur bancaire ivoirien. En juillet, Resolute a annoncé avoir sécurisé 155 millions USD de lignes de crédit, soit environ 84,3 milliards FCFA, auprès de Bank of Africa, AFG Bank, NSIA Banque et Bridge Bank. Le groupe prévoit en outre de finaliser 105 millions USD supplémentaires, environ 57 milliards FCFA, auprès d'autres établissements locaux avant la fin du troisième trimestre.

Au total, les financements bancaires mobilisés en Côte d'Ivoire pourraient ainsi atteindre 260 millions USD, soit plus de la moitié de l'investissement initial du projet. Ces ressources doivent être progressivement tirées en 2026 et 2027, à mesure que les dépenses de construction augmenteront.

Voir aussi - Où en est le projet Tanda-Iguela, la seconde mine d'or de ‘'classe mondiale'' découverte en Côte d'Ivoire ?

Resolute prévoit de compléter ce financement par sa trésorerie disponible et les liquidités générées par ses mines de Syama, au Mali, et de Mako, au Sénégal.

La participation des banques locales témoigne de la montée en capacité du système financier ivoirien dans l'accompagnement de projets industriels à forte intensité capitalistique, longtemps tributaires de capitaux levés presque exclusivement hors du continent.

Pour la Côte d'Ivoire, Doropo confirme surtout que le secteur aurifère entre dans une nouvelle dimension. Après Koné, le pays ne se contente plus d'accumuler les découvertes : il commence à convertir ses ressources de plusieurs millions d'onces en complexes industriels de grande taille. Si les deux projets respectent leurs calendriers, ils pourraient profondément modifier le volume, la structure et le poids économique de la production nationale d'or au cours des prochaines années.

Publié le 21/08/26 17:24

Jean Mermoz Konandi

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