L'industrie ivoirienne confirme sa bonne santé. Sur l'ensemble de l'année 2025, l'activité industrielle a enregistré une croissance cumulée de 4,2% par rapport à 2024, confirmant la solidité du socle productif national dans un environnement économique international encore marqué par des incertitudes.
Au-delà du chiffre global, cette progression révèle une évolution plus structurelle qu'il n'y paraît. Pour la première fois depuis plusieurs années, l'ensemble des grands sous-secteurs industriels contribue positivement à la croissance, traduisant une diversification progressive des moteurs industriels du pays.
Une industrie manufacturière au cœur de la dynamique
Les industries manufacturières demeurent le principal pilier de cette expansion. Avec une hausse de 4%, elles apportent à elles seules 2,32 points à la croissance industrielle totale.
Cette performance repose sur plusieurs segments en forte accélération. Le raffinage pétrolier et la cokéfaction enregistrent une croissance de 8,4%, signe d'une intensification des activités liées à l'énergie et aux hydrocarbures. La métallurgie affiche une envolée remarquable de 29,9%, marquant la montée en régime des activités liées aux infrastructures et à la construction.
La fabrication de produits chimiques avance de 14,2%, tandis que l'industrie des boissons se renforce de 16,5%, reflet combiné de la vitalité de la consommation intérieure et de l'expansion des capacités industrielles locales.
Autrement dit, l'industrie ivoirienne ne se contente plus d'assembler ou de transformer marginalement. Elle commence à densifier ses chaînes de valeur, étape essentielle vers une industrialisation durable.
L'essor des industries extractives confirme le virage énergétique
Deuxième moteur majeur, les industries extractives affichent une croissance de 4,1%, contribuant à hauteur de 1,41 point à la performance globale.
Cette évolution s'explique principalement par la forte expansion de l'extraction d'hydrocarbures, en hausse significative de 34,5%. Cette dynamique reflète l'intensification des investissements énergétiques et le repositionnement stratégique du pays sur la carte énergétique régionale.
Les autres activités extractives se consolident également de 4,8%, confirmant la diversification progressive des ressources exploitées.
Énergie et environnement, des relais de croissance émergents
Les industries de l'énergie se sont raffermies de 5,8%, contribuant à soutenir l'activité productive globale. De leur côté, les activités liées à l'environnement enregistrent une hausse notable de 16,6%, signe d'un début d'intégration des enjeux de gestion durable et de services environnementaux dans l'appareil industriel.
Bien que leur contribution reste encore modérée, ces segments pourraient constituer les prochains leviers d'expansion industrielle à moyen terme, notamment dans un contexte de transition énergétique et de croissance urbaine rapide.
L'industrie apparaît de plus en plus comme un pilier complémentaire aux secteurs agricoles et tertiaires, renforçant la résilience globale de l'économie.
Publié le 26/02/26 16:48
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC