La production pétrolière du Nigeria a enregistré une légère amélioration en mars, confirmant un redressement progressif du secteur énergétique du premier producteur africain de pétrole brut. Selon le dernier rapport mensuel sur le marché pétrolier publié par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, le pays a produit 1,38 million de barils par jour (bpj) de brut en mars, contre 1,31 million de bpj en février, soit une hausse de 5,25%.
Cette progression, bien que modeste, intervient dans un contexte où Abuja cherche à stabiliser sa production et à renforcer ses recettes pétrolières, essentielles pour les finances publiques et les réserves en devises. Malgré cette amélioration, le Nigeria reste en deçà de son quota de production fixé à 1,5 million de barils par jour dans le cadre de l'alliance pétrolière. Le pays accuse ainsi un déficit d'environ 117 000 barils par jour par rapport à son objectif officiel.
Les chiffres de l'OPEP proviennent d'une communication directe avec les autorités nigérianes, l'organisation combinant généralement ces données avec des estimations issues de sources secondaires, notamment des plateformes spécialisées dans l'intelligence énergétique. Selon ces sources indépendantes, la production nigériane serait légèrement plus élevée, atteignant 1,46 million de barils par jour en mars, contre 1,44 million de barils par jour en février, soit une progression de 1,39%.
Malgré les fluctuations de production, le Nigeria maintient sa position de premier producteur de pétrole en Afrique, devant la Libya, dont la production s'est établie à 1,30 million de barils par jour en mars. Ce leadership continental reste toutefois fragile. Le pays a longtemps été confronté à plusieurs défis structurels, en l'occurrence sabotages d'infrastructures, vols de pétrole, sous-investissement dans les champs matures et incertitudes réglementaires. Ces contraintes ont contribué ces dernières années à maintenir la production nigériane bien en dessous de son potentiel, estimé à plus de 2 millions de barils par jour.
Des chiffres divergents selon les autorités nigérianes
Les données publiées par les institutions nigérianes montrent néanmoins un niveau de production plus élevé que celui estimé par l'OPEP. Le 4 avril, la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission, le régulateur, a indiqué que la production quotidienne de brut avait atteint 1,84 million de barils par jour, incluant probablement les condensats. Quelques jours plus tard, le directeur général du groupe de la compagnie pétrolière publique, Nigerian National Petroleum Company Limited, Bashir Ojulari, a pour sa part évoqué une production d'environ 1,71 million de barils par jour.
Ces écarts s'expliquent en grande partie par les méthodes de calcul. Les chiffres de l'OPEP concernent généralement le pétrole brut strictement soumis aux quotas, tandis que les statistiques nationales incluent souvent les condensats et autres liquides associés.
Publié le 14/04/26 13:51
Narcisse Angan
SN
CEMAC