À quelques jours du Carême chrétien et du Ramadan, périodes traditionnellement marquées par une hausse de la demande, les autorités ivoiriennes entendent rassurer. Le Conseil national de lutte contre la vie chère (CNLVC) affirme que les prix des principaux produits manufacturés de grande consommation restent globalement contenus dans les plafonds réglementaires.
Lors d'une tribune d'échanges organisée ce 10 février à Abidjan par le Centre d'Information et de Communication gouvernementale, la secrétaire exécutive du CNLVC, Dr Ranie-Didice Bah-Koné, a détaillé les niveaux de prix en vigueur. ‘'Globalement, les prix de ces produits manufacturés de grande consommation ne dépassent pas les plafonds fixés'', a-t-elle déclaré.
Le ciment en première ligne
Parmi les produits non alimentaires concernés, le ciment demeure stratégique, tant pour le secteur du bâtiment que pour le pouvoir d'achat des ménages engagés dans des projets immobiliers.
Depuis le 26 décembre 2024, le prix de la tonne de ciment de ‘'référence 42.5 N'' est passé de 92 000 à 85 000 FCFA, soit une baisse de 7 000 FCFA. Une réduction significative dans un contexte où le coût des matériaux de construction influence directement les prix du logement.
Des baisses marquées sur le riz
Côté alimentaire, le dispositif de plafonnement couvre notamment l'huile de palme raffinée, le riz de grande consommation, le sucre, les pâtes alimentaires, la tomate concentrée et le lait.
Le riz affiche les évolutions les plus notables. ‘'En glissement annuel, les niveaux de baisse des prix sont compris entre 12% et 31%, a souligné la responsable du CNLVC. Ce qui est d'autant plus positif que ce produit demeure un pilier essentiel de la consommation nationale.
Pour le sucre, le kilogramme de sucre roux préemballé reste fixé à 825 FCFA depuis février 2024. Les pâtes alimentaires de 200 grammes s'échangent entre 195 et 225 FCFA selon les marques.
Quant à la boîte de tomate concentrée de 2,2 kilogrammes, elle se vend entre 2 500 et 2 535 FCFA, en deçà du plafond réglementaire de 2 800 FCFA instauré en septembre 2023. Le lait suit la même tendance avec, selon le CNLVC, une disponibilité jugée satisfaisante et un respect des prix encadrés.
95% de conformité et des sanctions en cas d'écart
Le gouvernement met en avant un taux de respect des prix plafonnés estimé à 95%. Une situation qui traduit, selon l'institution, l'efficacité des mécanismes de contrôle et de concertation avec les opérateurs économiques.
Conséquence, l'inflation a évolué à des niveaux historiquement bas dans le pays, allant par exemple de -0,1% en mai 2025 à 0,1% en décembre 2025, selon les chiffres officiels.
La secrétaire exécutive a toutefois rappelé que le non-respect des arrêtés expose les commerçants à des sanctions pécuniaires, administratives et judiciaires. L'obligation d'affichage clair des prix dans les points de vente a également été réaffirmée, afin de renforcer la transparence et la protection des consommateurs.
Au-delà des produits manufacturés, les autorités se sont voulues rassurantes sur les produits vivriers. Les marchés seraient régulièrement approvisionnés, avec une bonne disponibilité des produits de saison, limitant ainsi les risques de flambée spéculative.
Publié le 11/02/26 10:41
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC