L'inflation poursuit sa remontée graduelle en Côte d'Ivoire. Après avoir atteint 1,6% en mai, la hausse annuelle des prix à la consommation s'est établie à 1,8% en juin 2026, selon les données publiées par l'Agence nationale de la statistique (Anstat). Ce niveau demeure largement inférieur au plafond communautaire de 3% fixé par l'UEMOA, mais traduit la persistance de tensions sur plusieurs postes essentiels du budget des ménages, en particulier l'alimentation et le logement.
Le principal moteur de cette surenchère reste la division Produits alimentaires et boissons non alcoolisées, dont les prix ont augmenté de 2,4% sur un an. L'Anstat souligne que cette évolution est alimentée par le renchérissement du poisson (+3,9%) et de la viande fraîche (+7,3%). En revanche, la baisse des prix des céréales (-4,6%) ainsi que des tubercules, plantains et bananes à cuire (-10,9 %) a contribué à limiter l'ampleur de cette hausse.
Les dépenses liées au logement continuent également d'exercer une pression significative sur l'indice général. Les prix de la division ‘'Logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles'' ont enregistré une hausse de 3,1%, sous l'effet notamment de l'augmentation des prix des loyers (+4,4%) et des combustibles liquides (+8,5%). Selon l'Agence, ces hausses sont toutefois ‘'contrebalancées par des baisses observées sur les bois de chauffage et le charbon'', dont les prix reculent respectivement de 1,2% et 5,4%.
À l'inverse, certains postes continuent de jouer un rôle d'amortisseur. La division ‘'Meubles, articles de ménage et entretien courant du foyer'' a reculé de 0,4%, portée par la diminution des prix de plusieurs biens de consommation courante.
Les indicateurs sous-jacents confirment par ailleurs une diffusion relativement large des tensions inflationnistes. En glissement annuel, les prix de l'énergie se sont renchéris de 1%, les produits frais de 3,1% et l'inflation sous-jacente, qui exclut les produits frais et l'énergie, ont atteint 1,4%.
Au final, l'Anstat estime que ‘'les 3 composantes de l'inflation ont toutes enregistré une hausse'', ce qui traduit ‘'une persistance de tensions modérées, aussi bien sur les composantes conjoncturelles que structurelles de l'indice''. Un constat qui témoigne d'une inflation toujours maîtrisée, mais dont les principaux foyers demeurent concentrés sur les dépenses incontournables des ménages ivoiriens.
Publié le 14/07/26 10:50
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC