menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

IDE en Afrique : La Côte d’Ivoire, seul pays de la zone franc à intégrer le top 10 des destinations les plus attractives en 2025

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ferme dans 2h19min

Quand une entreprise étrangère décide de construire une usine au Ghana, de racheter des parts dans une mine guinéenne ou de financer un projet gazier au Mozambique, elle ne se contente pas d'apporter des capitaux. Elle crée des emplois, transfère des compétences et s'inscrit dans la durée. C'est le principe de l'investissement direct étranger (IDE), un engagement de long terme dans l'économie d'un pays. Et selon le World Investment Report 2025 de la CNUCED, en Afrique, ces flux continuent de remodeler la carte de l'attractivité, confirmant la place de certains marchés tout en révélant l'émergence de nouvelles destinations.

Parmi les dix pays qui ont capté le plus d'IDE sur le continent en 2025, quatre d'entre eux viennent d'Afrique de l'Ouest : la Guinée, le Nigeria, la Côte d'Ivoire et le Ghana. Quatre trajectoires bien différentes, mais un même signal envoyé aux investisseurs internationaux.

La Guinée signe à elle seule la performance la plus spectaculaire de tout le continent. Le pays a vu ses IDE bondir de 4 549 % en un an, pour atteindre 7,76 milliards de dollars, une progression qui n'a pas d'équivalent en Afrique. Derrière cette envolée se cache surtout un immense chantier, celui de Simandou, l'un des plus vastes gisements de minerai de fer encore inexploités au monde, dont le développement mobilise des investissements colossaux de la part d'opérateurs internationaux. Le sous-sol guinéen est ainsi devenu, en quelques mois, l'un des aimants à capitaux les plus puissants d'Afrique.

Le Nigeria signe, lui, le rebond spectaculaire parmi les économies déjà installées de la sous-région, avec 4,01 milliards de dollars captés, soit une progression de 148 % en un an. Un signal fort pour la première économie d'Afrique de l'Ouest, porté notamment par ses secteurs pétrolier, gazier et technologique. La Côte d'Ivoire confirme quant à elle sa capacité à diversifier ses moteurs de croissance, avec 2,03 milliards de dollars enregistrés, en progression de 37 %, portée par le dynamisme de son économie régionale. Le Ghana referme ce quatuor avec 1,91 milliard de dollars et une hausse plus modeste de 8 %, mais confirme que la sous-région ouest-africaine, dans son ensemble, conserve un pouvoir d'attraction réel auprès des investisseurs internationaux.

Voir aussi- IDE : À 435 milliards USD, les pays en développement tombent à leur plus bas niveau en près de 20 ans

Mais ce quatuor ouest-africain ne représente qu'une partie d'un classement continental où d'autres pays affichent des trajectoires tout aussi marquantes.

L'Égypte illustre bien cette idée de puissance installée. Avec 15,45 milliards de dollars captés sur l'année, le pays reste, et de très loin, la destination préférée des investisseurs sur le continent, porté par ses grands chantiers énergétiques et immobiliers et par sa position de carrefour entre l'Afrique, l'Europe et le Moyen-Orient. Mais ce chiffre impressionnant cache un repli sévère de 67 % par rapport à 2024, une année qui avait été exceptionnelle en raison de méga-transactions ponctuelles. Le géant égyptien redescend donc, sans pour autant perdre sa couronne.

Le Mozambique illustre à son tour cette logique des ressources naturelles qui attirent les capitaux, avec 5,69 milliards de dollars enregistrés, en hausse de 60 %, largement portés par les grands projets gaziers qui structurent l'économie du pays. Comme la Guinée, le Mozambique montre qu'un sous-sol riche, associé à des projets d'envergure, peut transformer en profondeur l'attractivité d'un pays aux yeux des investisseurs étrangers.

Voir aussi- IDE : Les flux mondiaux en hausse de 14% à 1 600 milliards USD en 2025

Un peu plus au nord-est, l'Éthiopie affiche une trajectoire plus modérée, avec 3,80 milliards de dollars et un léger recul de 5 %. Le pays reste néanmoins une valeur sûre pour les investisseurs, confirmant que la région est-africaine, dans son ensemble, continue de peser sur l'échiquier continental. Son voisin l'Ouganda s'inscrit dans la même dynamique de stabilité, avec 3,36 milliards de dollars et une progression modeste de 8 %, preuve que l'Afrique de l'Est cultive une forme de régularité qui séduit sur la durée plutôt que par à-coups spectaculaires.

Le Maroc, de son côté, suit une trajectoire tout aussi encourageante que celle du Nigeria, avec 3,34 milliards de dollars et une hausse de 91 %, confirmant sa montée en puissance comme plateforme industrielle et logistique entre l'Afrique et l'Europe. Le Kenya poursuit quant à lui une trajectoire plus structurelle, avec 3,20 milliards de dollars et une hausse de 38 %, continuant de s'imposer comme un pôle technologique et financier incontournable en Afrique de l'Est, loin d'une simple dépendance aux matières premières.

Au fil de ces dix trajectoires, un même fil conducteur finit par se dessiner. Les capitaux étrangers vont là où ils trouvent des ressources à exploiter, des marchés à conquérir ou des signaux de confiance retrouvée. L'Afrique de 2025 n'est donc pas un bloc uniforme, mais une mosaïque de pays qui, chacun à sa manière, cherche à convaincre le reste du monde qu'il vaut la peine d'y investir durablement.

Fanuelle YAO 

Publié le 14/07/26 11:27

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

rv6BMVjoQCLn6nr0eMSB_2fwTUTbXPA1AovdFLzYL4U False