La Côte d'Ivoire poursuit l'accélération de sa transition énergétique avec l'inauguration officielle de la centrale solaire de Sokoro 2, à Ferkessédougou, dans le Nord du pays. D'un coût d'investissement de 41 milliards FCFA, cette infrastructure de nouvelle génération constitue un jalon majeur dans la stratégie nationale de diversification du mix énergétique et de renforcement de l'accès à une électricité propre et fiable.
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La cérémonie d'inauguration s'est déroulée ce 3 juillet en présence du vice-Premier ministre ivoirien, également ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, qui avait à ses côtés le ministre en charge des Mines, du Pétrole et de l'Energie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly. Implantée dans la région de Ferkessédougou, l'une des zones les plus ensoleillées du pays, la centrale solaire de Sokoro 2 dispose d'une capacité installée de 52 MWc et devrait produire environ 90 GWh d'électricité par an.
Cette nouvelle capacité de production permettra de renforcer l'approvisionnement en énergie du Nord de la Côte d'Ivoire, tout en réduisant la dépendance de cette partie du territoire aux longues lignes de transport électrique, améliorant ainsi la stabilité et la fiabilité de l'alimentation des ménages et des entreprises.
"Un exemple réussi de partenariat public privé"
Au-delà de sa contribution au renforcement de l'offre électrique nationale, Ferké Solar marque également l'émergence d'un nouvel acteur ivoirien dans la production indépendante d'énergie. Porté par PFO Énergies, filiale du groupe PFO AFRICA dédiée aux énergies renouvelables, le projet est présenté comme la première centrale solaire de grande capacité développée, financée et exploitée par un producteur indépendant ivoirien (IPP). Réalisée en seulement treize mois sur un site de 50 hectares, cette infrastructure illustre la montée en compétence du secteur privé national sur des projets énergétiques jusqu'ici largement dominés par des opérateurs internationaux.
Le projet se distingue également par son architecture financière, fondée sur un mécanisme de finance mixte (Blended Finance) mobilisant 41 milliards FCFA. La Banque ouest-africaine de développement (BOAD), principal arrangeur, y a apporté 15,5 milliards FCFA, tandis que le fonds britannique EAAIF, géré par Ninety One, a contribué à hauteur de 18,33 milliards FCFA. PFO Énergies a, de son côté, investi 6,7 milliards FCFA en fonds propres.
Structurée selon un contrat BOOT (Build-Own-Operate-Transfer) assorti d'une concession de 25 ans et d'un contrat d'achat d'électricité avec CI-Énergies, l'opération constitue, selon Clyde Fakhoury, administrateur général de PFO AFRICA, " un exemple réussi de partenariat public-privé ", où " le risque est assuré par le secteur privé et le bénéfice de l'infrastructure revient à l'État ". Un modèle que le groupe entend désormais reproduire dans d'autres projets de transition énergétique en Afrique de l'Ouest.
Pour les autorités ivoiriennes, cette infrastructure contribuera également à renforcer l'autonomie énergétique nationale et à accompagner la dynamique de développement économique des régions septentrionales. Mieux, elle permettra d'accélérer le développement des énergies renouvelables, afin de répondre à la croissance de la demande en électricité et de consolider la sécurité énergétique du pays.
Au-delà de son apport énergétique, le projet a généré des retombées économiques directes pour la région. La phase de construction a permis la création d'environ 150 emplois directs, tandis que l'exploitation de mobilisera une quinzaine d'emplois permanents dédiés aux activités de maintenance, d'exploitation et de surveillance des installations. Ces créations d'emplois viennent renforcer l'impact économique local d'un projet appelé à soutenir durablement le développement des activités industrielles, commerciales et agricoles dans le nord du pays.
Publié le 04/07/26 10:39
Narcisse Angan
SN
CEMAC