Dans la région du Bounkani, au nord-est de la Côte d'Ivoire, à environ 650 kilomètres d'Abidjan, le sous-sol ivoirien s'apprête à accueillir une nouvelle exploitation aurifère avec le développement du projet de Doropo. Mais pour faire sortir de terre cette future mine, le défi est aussi de réunir les capitaux nécessaires à sa construction. Pour y parvenir, le groupe minier australien Resolute Mining a choisi de s'appuyer sur le secteur bancaire ivoirien.
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C'est ainsi que, ce 3 novembre à Abidjan, l'entreprise a officialisé la signature de conventions de financement avec sept banques locales pour un montant total de 148 milliards FCFA, soit environ 260 millions de dollars. Il s'agit de la Banque nationale d'investissement (BNI), Bank of Africa (BOA), BGFI Bank, AFG Bank, NSIA Banque, Bridge Bank et de la Banque de l'Union (BDU). Ce projet, porté par sa filiale Doropo Gold Mine SA, marque la première implantation minière de Resolute Mining en Côte d'Ivoire.
Cette mobilisation couvre près de la moitié du coût de construction de la mine, évalué à 516 millions de dollars, soit environ 301 milliards FCFA. Le financement bancaire local constitue ainsi une part importante des ressources nécessaires à la réalisation du projet, dont la première coulée d'or est attendue en 2028.
Le projet prévoit une exploitation à ciel ouvert, avec une usine de traitement du minerai par lixiviation en cuves. Celle-ci disposera d'une capacité de traitement de 4,9 millions de tonnes de minerai frais par an. Sur une durée d'exploitation initialement estimée à treize ans, la production annuelle moyenne devrait atteindre 169 000 onces d'or. Le permis d'exploitation minière a été accordé en février 2026, après la mise à jour de l'étude de faisabilité définitive en décembre 2025.
Au-delà de l'investissement, le chantier devrait mobiliser plus de 1 500 travailleurs à son pic de construction. Une fois la mine entrée en production, plus de 400 emplois permanents sont prévus. En tenant compte des emplois indirects liés aux activités du site et à ses besoins en biens et services, le projet pourrait générer environ 2 000 emplois.
Pour les banques participantes, cette opération représente également une démonstration de la capacité du système financier ivoirien à accompagner des investissements industriels de grande envergure. Selon Kouadio Douley Daniel, secrétaire général de la BNI et représentant des établissements prêteurs, la structuration du projet, son potentiel économique et les perspectives de développement du contenu local ont contribué à convaincre les banques de s'engager. Celles-ci attendent notamment des retombées pour les entreprises ivoiriennes, les PME et les sous-traitants qui pourront intervenir dans la construction et l'exploitation de la mine.
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Resolute Mining disposait pourtant de propositions de financement auprès d'institutions internationales. Le groupe a finalement privilégié les banques locales, un choix qui, selon Karl Akueson, vice-président chargé de l'expansion du groupe, traduit sa volonté de donner une place au financement local dans le développement du projet. Une manière de rappeler que le contenu local ne concerne pas uniquement les emplois ou les achats effectués sur place, mais aussi la mobilisation des ressources financières nécessaires aux investissements.
Présent en Afrique depuis plus de 30 ans, le groupe spécialisé dans l'exploitation aurifère Resolute Mining revendique une production cumulée de plus de 9 millions d'onces d'or. Coté aux Bourses de Sydney et de Londres, il exploite actuellement les mines de Syama, au Mali, et de Mako, au Sénégal. Doropo vient ainsi s'ajouter à son portefeuille d'actifs aurifères en Afrique.
Fanuelle YAO
Publié le 04/11/26 08:19
La Rédaction
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