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Datacenters : Les dégâts des eaux, première cause des sinistres selon les données du secteur

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Alors que la révolution numérique transforme les entreprises et connecte les citoyens sur le continent, la sécurité physique de ses infrastructures reste à la merci des intempéries et des problèmes d'étanchéité. L'incident récent survenu dans une université nigériane illustre une réalité mondiale confirmée par le secteur de l'assurance : l'eau est aujourd'hui le principal facteur d'incidents dans les centres de données.

Le samedi 15 août 2026 vers 16 heures, le centre de données de l'université Usmanu Danfodiyo de Sokoto (UDUS), pôle d'excellence en enseignement et recherche dans le nord-ouest du Nigeria, a été victime d'un violent orage. La foudre a directement frappé l'installation, endommageant deux onduleurs critiques au cœur du système.

Afin d'éviter une dégradation systémique plus grave provoquée par ces infiltrations et surtensions en contexte d'intempéries, les équipes informatiques ont dû interrompre précipitamment l'ensemble des services réseau. Si le directeur des TIC, Mohammed Rilwanu, a rapidement rassuré la communauté universitaire quant à la réparation des équipements et au maintien des examens du semestre, cet événement met en lumière la fréquence des vulnérabilités liées à l'eau et aux conditions météo extrêmes.

Les dégâts des eaux

Loin d'être un cas isolé, l'incident de Sokoto s'inscrit dans une dynamique globale. Selon un rapport publié en août 2026 et intitulé "Le boom de la construction des centres de données : risques et tendances en matière de sinistres", les dégâts des eaux constituent la cause la plus fréquente de sinistres dans les datacenters, représentant 21 % de l'ensemble des déclarations enregistrées dans le monde.

L'eau surpasse ainsi les actes délibérés incluant la criminalité et la cybercriminalité à 19 %, les incendies et explosions à 14 %, les pannes de matériel à 13 %, les défauts de maintenance et de responsabilité civile à 11 %, les catastrophes naturelles à 8 %, les défauts de produit à 5 %, les coupures de courant à 2 % ainsi que les effondrements à 2 %.

Fréquence vs Coût

Le rapport établit une nette différence entre la fréquence d'un risque et sa gravité financière. Si les dégâts des eaux surviennent le plus souvent, ils ne représentent que 4 % des montants totaux indemnisés par les assurances.

À l'inverse, l'incendie représente la menace la plus dévastatrice sur le plan financier, pesant pour 59 % de la valeur totale des pertes. Les catastrophes naturelles arrivent en deuxième position en coût avec 12 %, suivies des actes délibérés à 10 % et des coupures de courant à 5 %.

Résilience hydraulique

À l'échelle internationale, l'Afrique ne rassemble aujourd'hui que 2 % du nombre total de déclarations de sinistres et 4 % du montant des indemnités, bien loin derrière l'Europe à 53 % et l'Amérique du Nord à 36 %.

Cependant, dans la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique, l'exposition aux risques climatiques chroniques tels que les chaleurs extrêmes, les sécheresses ou les orages violents concerne 46 % de la capacité des datacenters. Avec la multiplication des projets d'infrastructures sur le continent africain, la protection contre les pluies torrentielles, les infiltrations et les inondations soudaines devrait constituer une priorité de conception fondamentale pour garantir la continuité des services numériques.

Anselme Akéko

Publié le 24/08/26 16:37

La Rédaction

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