La cinquième réunion du Comité technique de coordination opérationnelle, présidée le 6 juillet par le Secrétaire Général du Gouvernement Abdu Razzaq Guy Kambogo, a permis d'acter une étape concrète dans le calendrier de la souveraineté avicole gabonaise. À compter du 17 juillet, une commande de 3 millions de poussins d'un jour sera engagée, avec une première livraison de 262 400 unités programmée dès septembre, selon un calendrier échelonné en plusieurs rotations jusqu'en décembre. Ces poussins sont destinés aux 150 exploitations avicoles privées sélectionnées par le ministère de l'Agriculture au terme d'un appel à manifestation d'intérêt, des opérateurs gabonais justifiant d'un cheptel minimum de 1 000 têtes et répartis sur l'ensemble du territoire national.
Cette montée en puissance logistique accompagne la mise en œuvre du Plan Opérationnel d'Urgence de la Filière Avicole, présenté lors de la réunion par le Secrétaire Général du ministère de l'Agriculture. Les projections de production affichent un objectif cumulé de 5 000 tonnes annuelles de poulet de chair, réparties entre 3 800 tonnes pour la plaine d'Ayémé et 1 200 tonnes pour le Woleu-Ntem, en vue de l'interdiction d'importation prévue au 1er janvier 2027. Ayémé se situe dans la province de l'Estuaire, à proximité de Ntoum, tandis que le Woleu-Ntem se trouve au nord du pays, à la frontière camerounaise, deux bassins déjà identifiés par les grands investisseurs du secteur.
Plusieurs avancées structurantes ont déjà été enregistrées : identification des sites de production, travaux d'aménagement confiés au Génie militaire, sécurisation des sites de Nzamaligué et Ntoum-Tchad, dans la même zone que Ntoum, et développement des cultures de maïs et de soja destinées à l'alimentation animale. Sur le plan énergétique, six sites doivent être équipés en kits solaires, une solution pragmatique pour des zones encore mal desservies par le réseau électrique classique.
Les contraintes identifiées par les participants restent toutefois significatives : financement des opérateurs, aménagement foncier, état du réseau routier et accès à l'eau, qui nécessitera de nombreux forages. Le Secrétaire Général du Gouvernement a appelé administrations et opérateurs privés à intensifier leur coordination pour que les avancées deviennent visibles sur le terrain dans les délais impartis, une échéance qui laisse désormais moins de dix-huit mois à la filière pour transformer l'ambition présidentielle en production effective.
Cette commande de poussins s'inscrit dans un dispositif déjà largement financé. Le 4 mai dernier, l'État avait signé pour plus de 775 milliards FCFA de conventions d'investissement avec cinq partenaires privés dans le cadre du POUFA, dont 67 milliards FCFA avec le turc Hakan Kiran Holding pour une ferme intégrée de 60 000 tonnes par an à Ntoum, 10 milliards FCFA avec NJS/Avi Gabon pour le Woleu-Ntem, et 155 milliards FCFA avec l'Association agricole chinoise pour les échanges internationaux pour des infrastructures agro-industrielles à Ayémé-Plaine et Port-Gentil. Un mur d'investissements conséquent, qui donne à la filière les moyens théoriques de son ambition.
Idrissa Diakité
Publié le 08/07/26 11:09
La Rédaction
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CEMAC