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Sénégal : Le riz local, une filière plombée par le manque de compétitivité

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Au Sénégal, s'il y a une filière qui traverse des difficultés, c'est bien celle du riz local. Malgré les initiatives et les différentes politiques publiques, cette denrée stratégique peine à réussir sa percée, enclenchée il y a plus d'une décennie avec les ambitions d'autosuffisance. Les producteurs sont aujourd'hui confrontés à l'accumulation de stocks évalués à 156,9 milliards de FCFA. Parallèlement, près de 448.000 tonnes de riz blanc, issues des campagnes successives de contre-saison et d'hivernage, restent en grande partie invendues.

En dehors de ces stocks en souffrance, 7.000 tonnes de riz blanc sont immobilisées dans les unités de transformation, tandis que 36.000 tonnes supplémentaires sont détenues par les unions de producteurs. Cette immobilisation des capitaux, selon l'interprofession des producteurs de riz local, réduit les capacités d'investissement et compromet le financement de la prochaine campagne agricole.

L'autre difficulté identifiée réside dans l'ouverture du marché aux importations de riz. Une politique qui, de l'avis des producteurs locaux, affecte fortement la compétitivité des entreprises du pays. Ainsi, l'organisation des producteurs locaux s'offusque de l'existence d'un stock d'environ 600.000 tonnes de riz importé, équivalant à plusieurs mois de consommation nationale.

L'État à la rescousse

Malgré plusieurs politiques publiques, le riz local peine à se faire une place dans les foyers sénégalais. Il y a un mois, le gouvernement avait instauré une subvention de 50 FCFA par kilogramme de riz local afin de soutenir les acteurs de la filière, d'accroître la compétitivité de la production nationale et de faciliter l'écoulement des stocks.

Cette subvention s'applique aux quantités de riz blanc vendues et enlevées à compter du 12 novembre 2026. Au-delà de cette intervention directe, l'État a adopté un ensemble de mesures structurantes destinées à protéger durablement le marché national et à valoriser le riz sénégalais. Il s'agit notamment de l'arrêt des importations de riz non parfumé, à l'exception du riz 100 % brisé, ainsi que de l'indexation des importations sur les achats de riz local, mettant en place un mécanisme incitatif en faveur de la filière.

Mardi 7 juillet 2026, de nouvelles mesures ont été prises afin de relancer un secteur en perte de vitesse. Un mémorandum a ainsi été signé. Il vise à formaliser les engagements des commerçants sur les quantités de riz local qu'ils achèteront, à fixer un prix de vente de 280 FCFA le kilogramme, complété par une subvention de 50 FCFA par kilogramme au profit des riziers, et à arrêter les modalités pratiques de distribution sur l'ensemble du territoire.

L'État a également procédé à l'achat, via l'Agence de Régulation des Marchés et la Direction du Commerce intérieur, d'environ 9.000 tonnes de riz blanc auprès d'importateurs, au prix de 350 FCFA le kilogramme, soit un montant total de trois milliards cent cinquante millions FCFA. Pour le ministère de l'Industrie et du Commerce, le riz local fait face à un défi de compétitivité par rapport au riz importé, notamment en termes de coûts et de conditions de commercialisation.

Publié le 08/07/26 09:31

Mouhamadou Dieng

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