Le complexe intégré Bélinga-Kobé-Kobé donne à lui seul la mesure de l'effort financier nécessaire pour réaliser les ambitions économiques du Gabon. Évalué par le gouvernement à 10 milliards de dollars, soit près de 5 643 milliards FCFA, l'ensemble représente l'équivalent de 20,9% des 27 000 milliards FCFA d'investissements prévus dans le Plan national de croissance et de développement 2026-2030, soit plus de 15,57 milliards de dollars. La comparaison porte sur deux enveloppes d'investissement annoncées, l'État n'étant pas appelé à supporter seul 21% du PNCD pour financer Bélinga.
La facture tient surtout à la taille des infrastructures nécessaires pour faire passer Bélinga d'un gisement minier à une filière industrielle capable d'exporter massivement. Le dispositif doit associer la mine de fer, 535 kilomètres de chemin de fer minéralier, un port en eau profonde de 500 hectares avec quatre postes à quai, ainsi qu'une capacité hydroélectrique de 400 mégawatts. Les autorités affichent à terme une capacité de production de 100 millions de tonnes de minerai de fer par an, ce qui impose de construire pratiquement toute une chaîne logistique entre l'Ogooué-Ivindo et la façade atlantique.
Ce montant prend une dimension supplémentaire depuis que le gouvernement a précisé, le 23 septembre, l'équation financière du PNCD : sur les 27 000 milliards FCFA, 10 000 milliards (5,76 milliards de dollars) devraient être mobilisés par l'État et 17 000 milliards (9,8 milliards de dollars) par le secteur privé et les partenaires sectoriels. En juin, l'exécutif évoquait encore environ 18 000 milliards provenant du privé. À lui seul, Bélinga-Kobé-Kobé représente ainsi plus de la moitié de la contribution publique théorique au PNCD, même si son financement doit précisément reposer largement sur des capitaux privés et des financements internationaux. En juin, le gouvernement confirmait déjà que le secteur privé devait fournir l'essentiel des ressources du plan.
Le montage présenté autour de Kobé-Kobé prévoit d'ailleurs 30% de fonds propres apportés par les partenaires et 70% de dettes à long terme et de crédits-export, selon les indications données lors du lancement du projet. Appliquée aux 5 643 milliards FCFA annoncés, cette structure correspondrait théoriquement à environ 1 693 milliards FCFA de fonds propres et 3 950 milliards FCFA de financements par dette, sous réserve du montage définitif. Cette répartition est déterminante : elle dira quelle part du risque restera effectivement supportée par les investisseurs privés, les prêteurs et, éventuellement, par l'État au travers de garanties ou d'engagements financiers.
Bélinga-Kobé-Kobé concentre ainsi une part considérable des besoins de capitaux que le Gabon cherche à mobiliser jusqu'en 2030. Le gouvernement ne doit pas seulement trouver les milliards nécessaires à la mine : il faut financer simultanément le rail, l'énergie et le port avant que les volumes annoncés puissent être commercialisés à grande échelle. Avec un coût équivalent à environ un cinquième du PNCD, la capacité à boucler le financement de ce seul corridor donnera déjà une indication importante sur la possibilité de mobiliser les 27 000 milliards FCFA prévus pour l'ensemble du programme national.
Idrissa Diakité
Publié le 25/09/26 08:20
La Rédaction
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