Le Gabon affine sa stratégie énergétique et entend bien transformer son potentiel gazier en moteur de croissance. Avec plus de 2 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole et un bassin sédimentaire sous-exploré à près de 72%, Libreville s'impose désormais comme une destination sérieuse pour les grands groupes énergétiques internationaux. Les réformes engagées par le ministère du Pétrole et du Gaz visent à attirer de nouveaux acteurs dès 2026, dans un contexte mondial de forte demande en gaz naturel.
Porté par des opérateurs déjà bien ancrés comme Perenco, BW Energy, VAALCO Energy et Gabon Oil Company (GOC), le pays consolide progressivement sa filière gazière. Le projet de terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) de Perenco à Cap Lopez, attendu pour 2026, confirme cette ambition de valoriser le gaz associé et de réduire le torchage. De leur côté, Shell, CNOOC, Eni et TotalEnergies poursuivent leurs activités offshore, notamment sur les blocs profonds comme Leopard-1 et Nyonie Deep.
En supprimant le bonus de signature, en révisant la fiscalité et en préparant deux codes distincts, pétrolier et gazier, le pays cherche à renforcer la compétitivité du pays face à des marchés émergents comme le Sénégal ou la Mauritanie. Ces ajustements, combinés à des contrats de partage de production plus flexibles et à des incitations fiscales ciblées, ouvrent la voie à de nouveaux partenariats. ExxonMobil, Chevron, QatarEnergy, BP et Equinor font partie des majors qui suivent de près l'évolution du cadre réglementaire et pourraient se positionner sur les blocs offshore profonds encore disponibles.
Avec près de 185 000 km² de superficie encore libre à l'exploration et plus de 225 km de gazoducs déjà installés, le Gabon dispose de solides arguments pour séduire les investisseurs. Les premières signatures de nouveaux contrats sont attendues dès octobre et novembre 2025, ouvrant la voie à un cycle d'investissement plus large en 2026. " Le gaz est désormais un atout stratégique pour la diversification énergétique du pays ", a tenu à rappeler le ministre Sosthène Nguema Nguema. Si les intentions se confirment, 2026 pourrait bien marquer l'entrée du Gabon dans une nouvelle ère gazière.
Publié le 07/10/25 14:42
La Rédaction
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CEMAC