Longtemps plombé par les difficultés financières chroniques de la Sogatra et la dispersion des ressources publiques entre deux entités concurrentes, le secteur du transport urbain gabonais entame sa restructuration profonde. Dans le cadre de la " mise en place de la nouvelle compagnie nationale de transports issue de la fusion-absorption TRANS'URB-SOGATRA ", une séance de travail hebdomadaire s'est tenue ces derniers jours pour acter les derniers jalons d'un " lancement imminent " comme indiqué dans le communiqué parvenu à notre rédaction. Cette entité stratégique bénéficie déjà d'un renforcement de ses actifs avec " l'arrivée, il y a quelques semaines, de nouveaux moyens roulants ".
L'innovation majeure de ce projet réside dans son modèle économique, qui rompt avec le modèle de subvention intégrale pour viser l'équilibre financier. Au-delà du service public de mobilité, la future compagnie prévoit d'investir des segments à forte valeur ajoutée, notamment " le transport VIP, le transport de fret ainsi que celui des hydrocarbures " comme indiqué au ministère des transports. Cette stratégie de diversification vers des niches lucratives est explicitement pensée pour " garantir la viabilité financière de l'entreprise " et assurer un " développement durable " capable de soutenir la masse salariale.
Sur le plan opérationnel, le cahier des charges impose une " nouvelle qualité de service fondée sur la sécurité, la fiabilité et le confort ", tout en maintenant une tarification sociale tenant compte des différentes couches de la société. Pour les observateurs du marché, le défi consistera à concilier ces tarifs administrés avec les exigences de rentabilité des nouveaux segments industriels (fret et hydrocarbures), une équation complexe qui nécessitera une gestion rigoureuse des flux de trésorerie dès le démarrage des activités.
La gouvernance de cette nouvelle structure sera placée sous une surveillance étroite du sommet de l'État. Le Ministre d'État a réitéré l'exigence de rigueur, de transparence et de responsabilité, martelant un principe de " tolérance zéro face à toute forme de mauvaise gestion ". Cette fermeté vise selon le ministère des Transports, à rassurer sur la pérennité de cet " outil moderne, performant et durable ", essentiel pour fluidifier la mobilité urbaine et soutenir le développement économique et social du Gabon.
Idrissa Diakité
Publié le 18/03/26 14:46
La Rédaction
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