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Gabon : En attendant la Comilog, le japonais AML se positionne sur la transformation du manganèse

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Le Gabon, deuxième producteur mondial de manganèse, entend bien accélérer la refonte de son modèle minier. La récente audience accordée par le Vice-président Alexandre Barro Chambrier à la direction du groupe japonais Asia Minerals Limited (AML) confirme l'attractivité du pays pour les investissements directs étrangers (IDE) à haute valeur ajoutée. Ce projet d'implantation d'une usine de transformation s'inscrit dans une volonté de rupture avec l'économie de rente extractive, marquant le passage vers une ère industrielle où la ressource n'est plus seulement extraite, mais raffinée sur le sol national.

L'offensive diplomatique et économique menée par Libreville s'appuie sur un cadre réglementaire de plus en plus contraignant pour les opérateurs miniers. En fixant l'échéance de janvier 2029 pour l'interdiction des exportations de minerai brut, les autorités gabonaises imposent un nouveau paradigme : la transformation locale obligatoire. Pour AML, l'envoi imminent d'une mission technique est le signal d'un alignement sur cette stratégie souveraine. Ce calendrier transitoire de trois ans agit comme un accélérateur pour les industriels qui souhaitent sécuriser leurs actifs tout en bénéficiant de l'avantage comparatif d'une production à proximité des gisements.

L'arrivée d'un acteur spécialisé dans les ferro alliages comme AML promet de doper le Produit Intérieur Brut (PIB) industriel du Gabon. Au-delà de la simple exportation de roche, la production de silico-manganèse ou de manganèse métal permet de capter une part bien plus importante de la chaîne de valeur mondiale. Cette mutation structurelle devrait générer des retombées directes sur les infrastructures de transport et d'énergie, tout en stimulant le tissu de PME locales à travers la maintenance industrielle et les services logistiques spécialisés nécessaires au fonctionnement d'une usine de cette envergure.

Ce partenariat illustre à lui seul, la diversification des partenaires stratégiques du Gabon, qui s'ouvre davantage à l'expertise technologique japonaise. Le succès de ce projet repose désormais sur la capacité de l'Agence Nationale de Promotion des Investissements (ANPI-Gabon) à faciliter l'installation opérationnelle du groupe AML. En réussissant ce pari de l'industrialisation, Libreville espère non seulement créer des milliers d'emplois qualifiés pour la jeunesse, mais aussi consolider sa position de leader sur le marché mondial des métaux critiques, essentiels à la transition énergétique globale.

A noter que dans cette course à l'industrialisation et à la transformation locale du minerai, la Comilog (Compagnie minière de l'Ogooué), filiale du groupe français Eramet et partenaire historique du pays, se retrouve en première ligne. Déjà dotée du Complexe Métallurgique de Moanda (CMM), l'entreprise est désormais poussée par Libreville à " passer à la vitesse supérieure " pour aligner ses capacités de transformation sur ses records d'extraction, qui frôlent les 8 millions de tonnes annuelles. Pour le premier employeur privé du pays, l'échéance de 2029 n'est plus une simple perspective, mais un impératif opérationnel qui l'oblige à réinventer son modèle.

Idrissa Diakité

Publié le 06/05/26 13:45

La Rédaction

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