Le Gabon engage un réajustement de sa politique de soutien aux carburants à compter du 1er novembre 2026. Selon la nouvelle grille tarifaire de la Commission nationale des prix des produits pétroliers (CNPPP), relayée le 31 octobre, le litre d'essence passe de 595 à 735 FCFA, soit une hausse de 23,5%, tandis que le gasoil augmente de 22,6%, à 705 FCFA. Cette décision pourrait permettre à l'État de réduire progressivement le coût de la stabilisation des prix pétroliers, qui avait atteint 30 milliards FCFA pour le seul mois de septembre. Le gouvernement maintient parallèlement les tarifs du gaz domestique et du pétrole lampant, deux produits essentiels à la consommation des ménages.
Cette révision fait suite au Conseil des ministres du 8 octobre, au cours duquel les autorités avaient alerté sur l'augmentation des dépenses de subvention. Avant la guerre en Ukraine, le mécanisme coûtait entre 7 et 9 milliards FCFA par mois, avant d'atteindre 15 milliards durant cette crise, puis 30 milliards en septembre 2026. Face à cette progression, l'exécutif avait demandé d'étudier les possibilités d'allègement, voire de suppression à terme, du dispositif. Le relèvement des prix à la pompe pourrait ainsi réduire une partie de l'écart financé par le budget de l'État entre les coûts d'approvisionnement et les tarifs acquittés par les consommateurs.
Le maintien d'un soutien aux dépenses énergétiques domestiques
La nouvelle grille conserve le prix de la bouteille de gaz butane de 12,5 kilogrammes à 4 950 FCFA et celui du pétrole lampant à 450 FCFA le litre. Ces deux produits restent ainsi protégés du réajustement tarifaire appliqué à l'essence et au gasoil. Le changement est plus marqué pour les entreprises industrielles, avec des prix hors réseau désormais fixés à 1 060 FCFA pour l'essence et 1 310 FCFA pour le gasoil. Cette différenciation permet de maintenir le soutien aux usages énergétiques domestiques tout en répercutant une part plus importante des coûts d'approvisionnement sur les activités de transport et de production.
La réforme rejoint certaines recommandations de la Banque mondiale, qui préconise une réduction progressive des subventions aux carburants et un meilleur ciblage des aides publiques. Dans sa Revue des finances publiques 2026, l'institution souligne que ces dépenses absorbent des ressources qui pourraient être consacrées à la santé, à l'éducation et à la protection sociale. Pour le Gabon, l'intérêt budgétaire d'un ajustement des prix réside dans la possibilité de dégager des marges financières supplémentaires, alors que les dépenses publiques restent contraintes par le poids de la dette et les besoins d'investissement. Le montant des économies effectivement réalisées dépendra néanmoins des volumes commercialisés et de l'évolution des coûts internationaux d'approvisionnement.
Avec cette nouvelle grille tarifaire, le gouvernement cherche à alléger une dépense publique qui avait atteint 30 milliards de FCFA en septembre, tout en maintenant les prix du gaz domestique et du pétrole lampant. La réduction attendue des subventions pourrait libérer des ressources supplémentaires pour financer les infrastructures, les services publics et les programmes sociaux. À titre indicatif, une diminution de 20% de la facture enregistrée en septembre représenterait une économie de 6 milliards FCFA par mois, soit 72 milliards sur une année entière. Les premières données budgétaires de novembre permettront d'évaluer les économies réalisées et les marges financières que l'État pourrait réaffecter à d'autres priorités nationales.
Idrissa Diakité
Publié le 31/10/26 15:52
La Rédaction
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