C'est l'une des décisions phares du Conseil des ministres de ce 25 juin 2026. Le gouvernement a examiné deux projets de loi portant création de la Gabonaise des Eaux et d'Électricité du Gabon, deux sociétés d'économie mixte qui prendront en charge respectivement le service public de l'eau potable et celui de l'électricité sur l'ensemble du territoire national. Ces textes concrétisent l'engagement pris par le président Oligui Nguema devant le Parlement réuni en Congrès le 15 juin 2026, dix jours seulement avant leur adoption en Conseil des ministres, un rythme d'exécution qui témoigne de la détermination de l'exécutif à donner suite sans délai à ses engagements constitutionnels. La réforme vise à doter chaque secteur d'un opérateur dédié, spécialisé et accountable, mettant fin à la gestion intégrée qui avait longtemps brouillé les responsabilités au sein de la SEEG.
La logique de spécialisation qui fonde cette réforme est internationalement validée. Séparer l'électricité et l'eau permet à chaque nouvelle entité de se concentrer sur son cœur de métier, renforçant l'efficacité opérationnelle et la transparence. Un opérateur dédié est plus simple à évaluer pour des partenaires techniques et financiers, et peut accélérer les projets de barrages, de stations de traitement ou d'énergies renouvelables, sans que les difficultés de l'un des secteurs ne pénalisent l'autre. C'est précisément ce modèle en deux entités spécialisées, régulées par une autorité sectorielle indépendante, qui a permis à plusieurs pays africains de moderniser leur secteur énergétique et hydraulique en attirant des partenaires techniques internationaux de premier plan. Le Gabon s'inscrit donc dans cette trajectoire éprouvée.
Le régulateur sectoriel est lui aussi en ordre de marche. Ce même 25 juin, l'ARSEE, Autorité de Régulation du Secteur de l'Eau Potable et de l'Énergie, a été dotée d'un organigramme complet avec des commissaires nommés par domaine de compétence : production et tarification, juridique et réglementation, ressources humaines, statistique et systèmes d'information. La mise en place simultanée des opérateurs et de leur régulateur est un choix de cohérence institutionnelle : il garantit que les deux nouvelles sociétés évoluent dès leur création dans un cadre de gouvernance sectorielle clair, protecteur des usagers comme des investisseurs.
La phase d'audit technique et financier, de définition des périmètres organisationnels et de transfert des actifs est programmée pour 2026, avant le lancement officiel des deux sociétés en 2027, ce qui laisse le temps nécessaire à une transition ordonnée. La création de deux sociétés d'économie mixte ouvre formellement un espace de participation capitalistique dans des secteurs jusqu'alors sous monopole public intégré. Cette réforme de la SEEG est l'une des plus attendues de la refondation institutionnelle engagée depuis 2023. Elle s'appuie désormais sur un modèle sectoriel éprouvé, elle est accompagnée d'un régulateur opérationnel et elle s'inscrit dans un calendrier de mise en œuvre réaliste à horizon 2027.
Idrissa Diakité
Publié le 26/06/26 12:12
La Rédaction
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