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La Côte d'Ivoire ambitionne de relancer sa production de diamant

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La Côte d'Ivoire entend redonner vie à une filière qui a longtemps contribué à son histoire minière avant de sombrer dans le déclin. En déplacement à Séguéla dans le cadre de sa campagne de sensibilisation contre l'orpaillage illégal, le 25 juin, le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a annoncé la volonté du gouvernement de relancer la production de diamant dans cette région, autrefois l'un des principaux bassins diamantifères du pays.

" Je suis venu vous dire, avec la permission du Président de la République, que nous allons relancer la production de diamant dans la région ", a déclaré le ministre devant les autorités administratives, politiques et coutumières du District du Woroba. Une annonce accueillie avec enthousiasme par les populations de Séguéla, où l'exploitation du diamant a longtemps constitué l'un des moteurs de l'économie locale.

Pour remettre sur pied cette filière en déclin, le gouvernement mise sur un partenariat avec le Botswana, premier producteur africain de diamant en valeur et référence mondiale en matière de gouvernance du secteur. Le pays d'Afrique australe est parvenu, en quelques décennies, à bâtir une industrie intégrée couvrant l'ensemble de la chaîne de valeur, de l'exploration jusqu'à la fabrication de bijoux.

" Des experts botswanais ont déjà effectué une mission dans la région ", a indiqué Mamadou Sangafowa Coulibaly, précisant que cette visite s'inscrit dans le cadre d'une coopération bilatérale appelée à être formalisée au cours de l'année.

Voir aussi - Côte d'Ivoire : Un partenariat minier prometteur en préparation avec le Botswana pour soutenir l'expansion minière

Cette évolution constitue le prolongement de la mission officielle effectuée par le ministre au Botswana en février dernier. Cette visite avait pour objectif d'étudier les facteurs ayant permis à Gaborone de transformer ses ressources diamantifères en un puissant levier de développement économique, tout en renforçant la coopération entre les deux pays dans le domaine minier.

Une filière historique tombée en déclin

L'exploitation du diamant en Côte d'Ivoire remonte à la fin des années 1940, sous l'administration coloniale. Après la découverte d'un important gisement sur un site baptisée Tortiya, la Société anonyme de recherches et d'exploitations minières de la Côte d'Ivoire (SAREMCI), créée en 1946, lance les premières exploitations industrielles. D'autres opérateurs, dont la Société diamantifère de Côte d'Ivoire (Sodiamci), développeront ensuite leurs activités, notamment dans la région de Séguéla.

Au milieu des années 1960, la Côte d'Ivoire produisait près de 200 000 carats* par an, dont environ 172 000 carats provenaient des seules exploitations de la SAREMCI.

Après la fermeture progressive des mines industrielles, la production s'est recentrée sur l'exploitation artisanale, avant de connaître un recul continu.

Selon une étude publiée en 2021 par la Kimberley Process Civil Society Coalition, la production ivoirienne atteignait encore près de 300 000 carats par an avant la crise politico-militaire de 2002. Depuis, la filière s'est fortement contractée. Entre 2016 et 2020, la production officielle de diamants bruts est passée de 20 235 carats à seulement 4 015 carats, soit une baisse de plus de 80 %.

Les spécialistes expliquent cette évolution par l'épuisement progressif des gisements historiques, l'arrêt des campagnes d'exploration ainsi que le déplacement massif des opérateurs artisanaux vers les zones aurifères, devenues beaucoup plus attractives avec le boom de l'or observé au cours des deux dernières décennies.

Diversifier le développement minier

L'annonce faite à Séguéla intervient alors que la Côte d'Ivoire connaît une profonde transformation de son secteur extractif, portée par l'essor de la production industrielle d'or et les importantes découvertes pétrolières réalisées offshore.

En relançant la filière diamant, les autorités entendent diversifier davantage le développement minier du pays et redonner une nouvelle dynamique économique à une région historiquement liée à cette activité.

Le recours à l'expertise botswanaise traduit également la volonté d'inscrire cette renaissance dans un modèle de gouvernance reconnu à l'échelle internationale, fondé sur une meilleure valorisation des ressources, une montée en gamme de la chaîne de valeur et un partage plus important des retombées économiques au profit du pays.

Pour Séguéla, cette coopération pourrait ainsi ouvrir un nouveau chapitre d'une histoire minière vieille de près de huit décennies, avec l'ambition de replacer le diamant parmi les filières stratégiques de l'économie ivoirienne.

 

* Le carat est l'unité de mesure d'un diamant, 1 carat = 0,20 gramme

Publié le 27/06/26 08:28

Jean Mermoz Konandi

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