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Côte d’Ivoire : Un partenariat minier prometteur en préparation avec le Botswana pour soutenir l’expansion minière

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La Côte d'Ivoire accélère la transformation de son secteur extractif en cherchant à s'inspirer de l'un des modèles de gouvernance minière les plus cités au monde. En visite officielle à Gaborone, le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a posé les bases d'un partenariat stratégique avec le Botswana, visant moins l'exploitation immédiate des ressources que la construction d'un cadre durable de gestion et de création de valeur.

Reçu le 18 février par le vice-président botswanais Ndaba Gaolathe, le ministre ivoirien a inscrit cette initiative dans une vision économique plus large portée par le président Alassane Ouattara : faire du secteur extractif un levier de transformation structurelle plutôt qu'une simple source de revenus budgétaires. Le choix du Botswana n'est pas anodin. Le pays d'Afrique australe s'est imposé, au fil des décennies, comme une référence mondiale en matière de gestion des ressources naturelles, notamment grâce à une gouvernance rigoureuse du diamant et à une stratégie assumée de valorisation locale.

Une coopération pensée comme un outil de transformation économique

Au cœur des discussions figure une ambition commune : passer d'une logique d'extraction à une logique de chaîne de valeur intégrée. Pour Abidjan, dont le potentiel minier connaît une expansion rapide, l'enjeu consiste désormais à encadrer cette croissance afin d'éviter les déséquilibres souvent associés aux économies dépendantes des matières premières.

Le partenariat envisagé repose sur trois axes stratégiques : le transfert de compétences institutionnelles, l'amélioration de la gouvernance des ressources et le développement d'un contenu local capable d'ancrer davantage la richesse minière dans l'économie nationale. Autrement dit, la Côte d'Ivoire cherche à internaliser les savoir-faire qui ont permis au Botswana de transformer ses ressources naturelles en moteur de stabilité macroéconomique.

" Le partage de nos expériences et de nos succès peut fortement contribuer à la réussite du continent ", a déclaré Ndaba Gaolathe, signalant la volonté de Gaborone d'accompagner cette montée en puissance du secteur extractif ivoirien.

Pour les autorités ivoiriennes, la démarche répond aussi à un impératif d'attractivité internationale. Alors que la compétition entre juridictions minières s'intensifie, Abidjan cherche à rassurer les investisseurs en consolidant la transparence réglementaire, la traçabilité des ressources et la prévisibilité du cadre institutionnel.

La ministre botswanaise des Mines, Bogolo Joy Kenewendo, a ainsi souligné que les deux pays entendaient approfondir leur coopération autour de standards de gouvernance, de la formation des compétences locales et de l'amélioration de l'environnement d'investissement — autant d'éléments devenus déterminants pour les groupes miniers internationaux confrontés à des exigences croissantes en matière de durabilité et de responsabilité.

Vers un cadre institutionnel structuré
Les échanges ont débouché sur l'élaboration d'une feuille de route destinée à formaliser rapidement un protocole d'accord. Celui-ci devrait instaurer un mécanisme permanent d'échanges techniques et institutionnels, visant à professionnaliser davantage la filière extractive ivoirienne et à renforcer l'intégration locale de la valeur ajoutée.

Au-delà du secteur minier, cette initiative s'inscrit dans un rapprochement économique plus large entre Abidjan et Gaborone, confirmé par des discussions parallèles avec le ministre botswanais des Relations internationales et de la Coopération, Dr Phenyo Butale.

La dimension stratégique du rapprochement s'est également traduite par l'annonce de la participation du Botswana comme pays invité d'honneur au prochain Salon International des Ressources Extractives et Énergétiques (SIREXE), prévu en novembre à Abidjan. Pour la Côte d'Ivoire, ce geste revêt une portée symbolique : afficher son ambition de bâtir un modèle extractif inspiré des meilleures pratiques africaines plutôt que des cycles traditionnels d'exploitation des matières premières.

Dans un contexte où plusieurs économies africaines cherchent à mieux capter la valeur de leurs ressources naturelles, la démarche ivoirienne illustre une évolution plus large : la compétition ne se joue plus uniquement sur la richesse du sous-sol, mais sur la qualité des institutions capables de la transformer en croissance durable.

Envoyé spécial à Gaborone, Botswana

Publié le 19/02/26 11:35

Jean Mermoz Konandi

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