Ce 25 juin 2026, le gouvernement a adopté un projet de loi portant création, attributions et organisation de la Compagnie Nationale de Navigation Intérieure et Internationale (CNNII), dotant ainsi la compagnie d'un cadre légal complet pour exercer ses missions dans les domaines du transport maritime, fluvial et lagunaire. Ce texte régularise la situation juridique de la CNNII et accompagne la mise en œuvre de son plan de relance stratégique. Le gouvernement articule cette réforme autour d'un objectif économique : la réduction des coûts de transport comme levier de lutte contre la vie chère et l'amélioration de l'approvisionnement des populations dans les zones enclavées du territoire national.
La trajectoire de relance de la CNNII est, depuis 2023, l'une des plus visibles de la politique des transports. Sous l'impulsion du CTRI déjà, le ministère des Transports s'était déplacé en Grèce et en Turquie pour l'acquisition de trois nouveaux navires, et le premier bateau a été réceptionné au port d'Owendo dès mai 2024. En février 2025, la compagnie a bénéficié d'un souffle supplémentaire avec la mise sous concession au groupe EBOMAF Gabon pour une durée de 20 ans, assortie du lancement de dessertes reliant Libreville, Port-Gentil et Lambaréné avec des tarifs compétitifs. Ces étapes opérationnelles précèdent le cadre légal adopté ce 25 juin, ce qui signifie que la CNNII n'attend pas le texte pour fonctionner, mais que celui-ci sécurise et structure durablement ses activités.
L'infrastructure d'accompagnement suit la même dynamique. Une gare maritime moderne est en cours de construction à Libreville, prévue pour être livrée le 17 août 2026, intégrant des technologies de pointe pour fluidifier les embarquements, améliorer le confort des passagers et renforcer les liaisons nationales et internationales. Ce projet, qui s'accompagne d'un plafonnement des tarifs portuaires et de réductions tarifaires pour les étudiants, les seniors et les familles modestes, illustre la double vocation de la CNNII : opérateur commercial et instrument de politique sociale. Ce positionnement s'appuie sur un constat structurel puisqu'avec seulement 1 800 km de routes bitumées sur un réseau de plus de 10 000 km, le Gabon dépend structurellement de sa voie maritime et fluviale pour désenclaver les territoires intérieurs.
Sur le plan de la gouvernance, le projet de loi du 25 juin établit une structure institutionnelle conforme aux standards des entreprises publiques gabonaises, avec un Conseil d'Administration, une Direction Générale et un Agent Comptable. Cette organisation, combinée à la convention de concession avec EBOMAF Gabon, crée un équilibre entre pilotage public et dynamisme opérationnel privé. Un montage qui a fait ses preuves dans d'autres secteurs de l'économie gabonaise. Pour les opérateurs économiques du secteur logistique et pour les entreprises dont les chaînes d'approvisionnement traversent les corridors fluviaux du pays, la sécurisation juridique de la CNNII constitue un signal positif de stabilité réglementaire.
Idrissa Diakité
Publié le 26/06/26 12:21
La Rédaction
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