L'encours de la dette publique du Gabon s'établit à 8 780,337 milliards FCFA à fin décembre 2025, selon le dernier bulletin statistique de la Direction générale de la Dette (DGD). Ce montant se décompose en 4 127,620 milliards FCFA de dette extérieure et 4 652,718 milliards FCFA de dette intérieure. Sur un an, l'encours global progresse de 1 647,045 milliards FCFA, soit une hausse de 23 % par rapport à fin décembre 2024.
Cette progression ne provient toutefois pas d'un effet homogène sur l'ensemble des compartiments de la dette. La dette extérieure recule légèrement, de 40,887 milliards FCFA (-0,981%), portée à la baisse par les engagements bilatéraux, multilatéraux et ceux contractés sur le marché financier international. C'est la dette intérieure qui concentre l'intégralité de la dynamique haussière, avec une progression de 1 687,932 milliards FCFA, soit +57% sur un an.
Le marché financier régional constitue désormais le premier poste de la dette intérieure, avec un encours de 3 449,951 milliards FCFA, soit environ 39% de la dette publique totale du pays. Ce niveau d'exposition place le Trésor gabonais en position de premier emprunteur de la zone CEMAC sur ce compartiment, avec un effet de concentration potentiel sur la liquidité disponible pour les autres émetteurs souverains et corporates régionaux. La loi de finances rectificative 2026 confirme cette orientation vers le marché régional avec des ressources de trésorerie et de financement qui progressent de 65,5 milliards FCFA pour atteindre 2 251,8 milliards FCFA.
Ce solde net relativement modeste masque en réalité deux mouvements opposés : les émissions de titres publics bondissent de 480,3 à 1 282,8 milliards FCFA (+802,4 milliards, +167%), tandis que les tirages sur prêts-programmes s'effondrent de 830,5 à 36,1 milliards FCFA (-794,4 milliards, -96%). Le Trésor gabonais a donc massivement substitué l'émission de titres sur le marché régional aux décaissements de prêts-programmes classiques, une bascule qui confirme la stratégie de pivot déjà observée par la DGD sur l'exercice 2025.
Le second facteur de progression de la dette intérieure tient à la validation des dettes moratoires par la Task-Force dédiée, pour une prise en charge par la DGD, portant l'encours de ce compartiment à 758,681 milliards FCFA. Ce qui correspond en grande partie à une reconnaissance comptable d'engagements préexistants plutôt qu'à une nouvelle dette contractée sur l'exercice, une nuance importante pour lire correctement l'ampleur réelle de la dérive budgétaire de l'année 2025.
Cette configuration intervient alors que le poids du service de la dette s'alourdit dans le budget de l'État. La LFR 2026 porte les charges financières de la dette à 487,6 milliards FCFA, en hausse de 67,7 milliards par rapport à la loi de finances initiale. L'amortissement de la dette, lui, atteint 1 309,2 milliards FCFA sur l'exercice, représentant à lui seul l'essentiel des 1 336,2 milliards de charges de trésorerie et de financement inscrites au budget rectificatif.
Publié le 16/07/26 16:37
La Rédaction
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CEMAC