La faiblesse de l'exécution des investissements publics continue de peser sur l'activité économique gabonaise. Dans sa note consacrée au deuxième trimestre 2026, la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) relève que les dépenses d'investissement de l'État étaient insuffisamment exécutées à fin mars, une situation susceptible de se prolonger au trimestre suivant. Ce ralentissement a limité les retombées de la commande publique sur plusieurs branches de l'économie nationale.
Le bâtiment et les travaux publics figurent parmi les secteurs directement concernés. Selon la Banque centrale, la faiblesse des investissements publics réduit l'activité dans le BTP, les matériaux de construction, les transports et les services associés. Ces différentes branches dépendent en partie du lancement et de l'exécution des chantiers financés par l'État, dont le rythme conditionne les commandes adressées aux entreprises.
Cette situation s'inscrit dans un environnement de consolidation budgétaire qui concerne plusieurs économies de la CEMAC. La BEAC associe la moindre impulsion du secteur public aux efforts d'ajustement engagés dans le cadre des discussions préparatoires aux programmes avec le Fonds monétaire international. Au Gabon, comme au Cameroun, cette contrainte budgétaire limite la contribution des dépenses publiques à l'activité économique.
Le secteur privé et les industries extractives ont néanmoins permis d'amortir une partie de ce ralentissement. La BEAC souligne la bonne tenue du transport ferroviaire et portuaire, du commerce et de certaines activités industrielles. La progression des ventes de manganèse, favorisée par les cours, a également compensé une partie de la faiblesse des hydrocarbures, dont la production a été affectée par des opérations de maintenance sur certains champs.
Les perspectives régionales témoignent cependant d'une reprise inégale. Alors que la BEAC anticipait une progression de 8,5 % de son indice composite d'activité au troisième trimestre 2026, la contribution du Gabon resterait limitée à 0,4 point. La Banque centrale estime qu'une meilleure exécution des programmes budgétaires et des investissements pourrait redonner de l'impulsion au secteur public et soutenir les entreprises dépendantes des marchés de l'État.
Idrissa Diakité
Publié le 17/10/26 11:48
La Rédaction
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