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Gabon : La filière manganèse à l'épreuve du calendrier d'interdiction d'exportation du minerai brut

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Le Fonds Stratégique Transformation du Manganèse voit sa dotation budgétaire amputée de 715,3 millions FCFA dans le collectif 2026, passant de 1,454 milliard à 739 millions FCFA (-49%). Cette coupe est intervenue dans une loi de finances rectificative validée le 17 juillet, soit quelques jours avant la signature, le 20 juillet 2026 à Paris, d'un protocole d'accord entre l'État gabonais et Eramet-Comilog fixant l'objectif de transformer localement jusqu'à 700 000 tonnes de minerai par an d'ici fin 2031.

Le protocole détaille trois chantiers industriels : une usine d'oxyde de manganèse près de Libreville, d'une capacité initiale de 10 000 tonnes/an, attendue pour fin 2028 ; la modernisation du Complexe Métallurgique de Moanda, actif depuis 2015 ; et, à terme, une usine d'alliages sur le littoral d'une capacité de 265 000 tonnes d'alliages par an, nécessitant la transformation d'environ 530 000 tonnes de minerai. Des volumes cumulés qui restent toutefois en deçà des capacités d'exportation actuelles de Comilog.

L'échéance réglementaire, elle, ne bouge pas : l'interdiction d'exportation du minerai brut entre en vigueur au 1er janvier 2029, soit dans un peu plus de deux ans. Le compromis parisien a d'ailleurs été présenté comme équilibré plutôt que comme une victoire unilatérale de Libreville : en échange de l'engagement industriel d'Eramet, l'État gabonais s'est engagé à garantir l'accès à l'énergie, goulot d'étranglement historique de la métallurgie du manganèse, particulièrement électro-intensive.

Le décalage entre la trajectoire budgétaire et la trajectoire industrielle affichée pose une question au passage : comment l'État entend-il accompagner financièrement, entre subventions, infrastructures énergétiques, formation, une feuille de route dont il vient lui-même de retirer près de la moitié des crédits dédiés. Le fonds n'est pas la seule source de financement du projet, porté aussi par Eramet et un fonds d'amorçage industriel baptisé " Fabriqué au Gabon ", mais le signal budgétaire tranche avec le volontarisme diplomatique de juillet. Le test sera à moyen terme, celui de l'exécution. Entre un protocole qui fixe une méthode et des échéances, et une loi de finances qui retire des moyens à l'instrument budgétaire censé la porter, l'année 2027 dira si le Gabon reprend la main sur son calendrier ou si l'écart entre ambition et financement se creuse encore.

Publié le 13/08/26 13:56

La Rédaction

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