Le projet de recapitalisation du groupe minier français Eramet, maison mère de Comilog au Gabon, a enregistré deux avancées financières importantes au cours de la dernière semaine d'octobre 2026. Dans son communiqué du 29 octobre, l'entreprise annonce la signature de trois accords de souscription le 23 octobre avec ses actionnaires de référence, l'Agence des participations de l'État français (APE) et Sorame-CEIR. L'Autorité des marchés financiers (AMF) a également accordé, le 26 octobre, une dérogation réglementaire nécessaire à l'opération. Ces décisions accompagnent le projet d'augmentation de capital de 500 millions d'euros, soit environ 328 milliards FCFA, prévu avant la fin de l'année.
La recapitalisation doit renforcer les fonds propres d'Eramet et améliorer sa capacité à respecter ses engagements bancaires. L'État français, qui détient initialement 27,1% du capital, prévoit de souscrire à l'opération et de racheter tout ou partie des droits préférentiels de souscription détenus par Sorame-CEIR. L'accord prévoit un plafonnement à 49% des droits de vote effectifs de l'APE. La dérogation obtenue auprès de l'AMF permet de poursuivre le montage sans déclencher l'obligation de déposer une offre publique liée aux franchissements de seuils concernés.
Cette opération concerne directement les intérêts économiques du Gabon, où Eramet détient 63,7% de la Compagnie minière de l'Ogooué (Comilog), contre 28,9% pour l'État gabonais. En mai 2026, Libreville avait exprimé son intention d'entrer directement au capital de la maison mère française. Les derniers accords communiqués par Eramet concernent l'APE et Sorame-CEIR, sans nouvelle souscription gabonaise annoncée. La question d'une participation directe de l'État gabonais au capital du groupe reste donc distincte de la recapitalisation actuellement préparée.
La situation financière d'Eramet explique l'importance de cette levée de fonds. Au premier semestre 2026, le groupe affichait un endettement net de 1,868 milliard d'euros et un levier d'endettement ajusté de 4,5 fois son EBITDA. La direction vise, après réalisation de l'augmentation de capital, un levier inférieur à trois fois et un ratio d'endettement rapporté aux capitaux propres inférieur à 100% à fin décembre. Eramet a également conditionné la reprise de la distribution de dividendes au retour de son levier ajusté sous le seuil de un.
A noter que la recomposition financière actuelle accompagne les discussions sur l'avenir industriel du manganèse. En juillet 2026, Eramet et les autorités gabonaises ont signé un protocole prévoyant l'étude de trois scénarios de transformation locale portant sur un maximum de 700 000 tonnes de minerai par an à l'horizon 2031. Le groupe doit parallèlement poursuivre ses investissements ferroviaires et miniers. La finalisation de l'augmentation de capital permettra de préciser les nouveaux équilibres entre actionnaires, tandis que Libreville devra clarifier les suites données à son ambition d'investissement direct dans la maison mère.
Idrissa Diakité
Publié le 30/10/26 15:50
La Rédaction
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