Les données de référence sur l'inclusion financière au Gabon, établies dans le cadre de la Stratégie Régionale d'Inclusion Financière de la CEMAC, révèlent un basculement net vers le mobile money comme principal vecteur d'accès aux services financiers. Le taux d'accès aux comptes de paiement par monnaie électronique atteint 90 % de la population adulte, contre seulement 22 % pour la bancarisation stricte et 36 % pour la bancarisation élargie, intégrant les établissements de microfinance.
Cet écart confirme une trajectoire désormais bien établie en Afrique subsaharienne. Au Gabon, le taux d'inclusion financière global est passé de 27 % à 48 % sur la période observée, une progression de 21 points portée très majoritairement par ce canal numérique. Le taux d'accès à l'épargne, toutes formes confondues, atteint par ailleurs 69 %, dont 22 % spécifiquement via l'épargne mobile money, un usage qui dépasse largement l'épargne semi-formelle de type tontine, à 31 %.
La pénétration du mobile money confirme cette suprématie sur le plan territorial : 1 575,8 points de services pour 100 000 adultes et 82,2 points pour 1 000 km², contre respectivement 6,3 agences bancaires et 0,33 agence pour les mêmes échelles. Les établissements de microfinance, souvent présentés comme relais de proximité, affichent une pénétration comparable aux banques en nombre d'agences pour 100 000 adultes (6,3), mais restent en retrait en couverture géographique, avec seulement 0,21 guichet pour 1 000 km².
Le taux d'activité des comptes de paiement, qui mesure les comptes ayant enregistré au moins une opération de dépôt ou de retrait sur 30 jours, s'établit à 39 %, un niveau proche de celui des comptes bancaires (23 %) et des comptes d'EMF (22 %). Ce chiffre nuance le succès du mobile money : la détention d'un compte ne se traduit pas systématiquement par un usage actif et régulier, un enjeu que devront adresser opérateurs et régulateurs pour transformer l'accès en usage effectif.
Le réseau marchand accepte désormais les paiements numériques à hauteur de 686 marchands pour 100 000 adultes, un indicateur non mesuré lors du diagnostic précédent, qui traduit une diffusion progressive du mobile money au-delà des simples transferts entre particuliers. La suite de la stratégie régionale déterminera si ce canal peut porter, au-delà du paiement, des services plus structurants comme l'épargne formelle ou le crédit, où les taux d'accès restent nettement plus modestes.
Publié le 13/08/26 14:00
La Rédaction
SN
CEMAC