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Gabon : Le niveau de vie d'un cadre moyen de 2024 correspond à celui d'un technicien des années 80

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Le déclassement social de la classe moyenne gabonaise est une réalité statistique implacable. En 2024, un cadre supérieur peine à reproduire le mode de vie qu'un technicien s'offrait dans les années 1980, période où le PIB par habitant était nettement supérieur. Le FMI le démontre en noir sur blanc dans son rapport suivant sa consultation de mai 2024 :  le PIB par habitant du Gabon se situe aujourd'hui environ 25 % en dessous de son niveau des années 1970-80. Ce recul historique signifie que le citoyen moyen est aujourd'hui plus pauvre qu'au moment où le pays commençait son essor pétrolier.

D'un côté, le coût de la vie a explosé tandis que les revenus réels ont stagné. Le cadre de 2024 doit supporter des coûts de substitution colossaux pour pallier les défaillances des services publics. Il finance l'éducation privée, une santé onéreuse et des solutions palliatives pour l'eau et l'électricité. Cette situation est le reflet de ce que le Fonds appelle un échec structurel de la gestion des ressources naturelles depuis cinquante ans, malgré la production de milliards de barils de pétrole.

L'accès à la propriété, autrefois moteur de l'ascension sociale, est devenu plus délicat. Dans les années 80, un salaire moyen permettait de bâtir un patrimoine. Aujourd'hui, avec une dette publique qui asphyxie l'économie et un déficit public attendu à 6,1 % du PIB en 2025, l'inflation et les taux d'intérêt réduisent le cadre de 2024 à un statut de locataire permanent. Il consacre l'essentiel de son revenu à la survie quotidienne, là où son prédécesseur pouvait épargner et investir.

Le tassement des niveaux de vie témoigne d'une économie qui produit de la richesse sans la redistribuer. Cette paupérisation des élites est selon le FMI, le symptôme d'un modèle désormais à bout de souffle. Le pays fait face à une crise de liquidité qui, selon les analystes, rend " peu probable " la conclusion rapide d'un nouvel accord avec le FMI sans réformes drastiques. Le "rêve gabonais" des années 1980 semble s'être dissous dans une gestion mitigée de la rente. À quelques heures de la fin de mission des équipes du Fonds à Libreville, difficile de dire ce qu'il en sera, malgré l'annonce des autorités, d'un nouveau programme pour mai 2026.


Publié le 06/03/26 13:08

La Rédaction

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