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Gabon : Le pétrole et l'or identifiés comme amortisseurs face au crash des filières bois et caoutchouc

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​Le nouveau cadrage macroéconomique du Gabon pour l'année 2026 met en exergue une économie à deux vitesses, caractérisée par la résilience de son secteur extractif traditionnel face à la dégradation des filières de diversification. Le secteur pétrolier bénéficie ainsi d'une révision à la hausse avec une production projetée à 11,2 millions de tonnes, en progression de 3,1% par rapport aux 10,8 millions de tonnes de la loi de finances initiale. Ce dynamisme extractif est doublé d'une valorisation du prix du baril gabonais, réévalué à 75 USD contre 65,2 USD initialement, soit un bond de 15,03 %.

La filière aurifère enregistre également une performance notable qui vient consolider les recettes de l'État. Le projet de loi de finances rectificative anticipe une hausse de 100 % de la production d'or, qui s'établit à 800 kg contre les 400 kg budgétisés en début d'exercice. Le manganèse affiche lui aussi une trajectoire haussière en volume avec une extraction révisée à 9,424 millions de tonnes (+2,1%), compensant une légère érosion de son prix de vente contractuel, qui recule de 0,8 % pour se situer à 166,9 USD la tonne.

​À l'extrême inverse de cette santé extractive, les secteurs agricoles et de la première transformation industrielle subissent un véritable effondrement sectoriel. Le cas le plus critique est celui du caoutchouc, dont la production s'écroule de 76,9%, chutant à seulement 0,6 millier de tonnes contre les 2,5 milliers de tonnes prévus dans la loi initiale. Cette contre-performance historique témoigne de difficultés structurelles profondes au sein des plantations et des usines de traitement de la filière hévéicole nationale.

​L'agro-industrie forestière, pilier historique de la politique de diversification, accuse également un coup de frein brutal en 2026. Les prévisions de production pour le bois débité chutent de 36,2 %, s'établissant à 0,989 million de m³ au lieu du volume initial de 1,551 million de m³. De son côté, la filière oléagineuse s'affiche en repli avec un recul de 6,4% de la production d'huile de palme, attendue à 0,138 million de tonnes contre 0,147 million à l'initial, complétant le tableau pour le moins sombre du secteur hors pétrole manufacturier.

​Cette configuration souligne que l'État reste structurellement dépendant des fluctuations et de la rente des matières premières brutes (pétrole, or, manganèse) pour amortir le choc budgétaire. Malgré les stratégies de transformation locale engagées depuis plus d'une décennie, le crash simultané des filières bois et caoutchouc démontre la vulnérabilité du modèle de diversification face aux chocs opérationnels. La stabilité à court terme est préservée par un baril à 75 USD, mais la structure de croissance s'en trouve fragilisée.

Idrissa Diakité

Publié le 26/05/26 12:36

La Rédaction

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