Le gouvernement gabonais prévoit une multiplication par près de cinq des recettes tirées de l'impôt sur les sociétés pétrolières en 2027. Selon le projet de loi de finances transmis au Parlement, cette contribution devrait atteindre 241,8 milliards FCFA, contre 49,5 milliards inscrits dans la loi de finances rectificative de 2026. L'augmentation attendue représente 192,3 milliards FCFA, faisant de cette catégorie d'impôt l'un des principaux leviers de progression des recettes fiscales du prochain exercice.
Cette prévision contraste avec l'évolution des recettes directement liées à l'exploitation pétrolière. Le PLF anticipe une contraction de 34% des revenus du domaine pétrolier, ramenés à 671,4 milliards FCFA. Deux mouvements de sens opposés apparaissent ainsi dans les finances publiques : une contribution fiscale des entreprises en forte augmentation et des revenus pétroliers directs en recul. Leur réalisation dépendra de paramètres distincts, notamment des résultats imposables des producteurs et de l'exécution des contrats pétroliers.
L'impôt sur les sociétés est calculé sur les bénéfices imposables, tandis que les redevances et revenus issus des contrats pétroliers obéissent à d'autres mécanismes de prélèvement. Une augmentation de l'impôt attendu peut donc traduire des hypothèses de résultats fiscaux plus élevés, des changements dans les calendriers de paiement ou une amélioration du recouvrement. Le PLF ne fournit toutefois pas de ventilation par entreprise permettant d'identifier les principaux contributeurs à cette progression.
La dépendance budgétaire du Gabon aux hydrocarbures restant élevée avec un pétrole fournissant toujours une part considérable des recettes d'exportation et des ressources publiques, ces prévisions restent exposées aux évolutions des prix internationaux, des volumes commercialisés et des coûts d'exploitation.
Idrissa Diakité
Publié le 30/10/26 11:37
La Rédaction
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