Les tensions sociales repartent de plus belle dans le secteur pétrolier gabonais. Après les premières alertes lancées ces derniers mois, les sous-traitants soutenus par l'ONEP (définis le sigle), reviennent frontalement à la charge pour dénoncer la persistance des contrats ultra-précaires, la suppression de primes et les inégalités salariales avec les employés étrangers. Malgré les engagements publics pris par le gouvernement à l'automne, les travailleurs affirment que les opérateurs et sociétés de service n'ont pas appliqué les correctifs annoncés.
Face à cette fronde croissante, l'État avait pourtant promis un tournant. Les ministères du Travail et du Pétrole avaient annoncé la fin des contrats mensuels renouvelables, l'alignement progressif des rémunérations et la création d'un registre pour mieux encadrer les sociétés de staffing. Une vaste inspection devait également démarrer dans l'Ogooué-Maritime, cœur de la production. Mais sur le terrain, les sous-traitants assurent que rien n'a changé et dénoncent les mêmes pratiques, la même précarité, les mêmes écarts.
Ce regain de contestation n'est pas inédit. Ces derniers mois, plusieurs épisodes ont déjà opposé les travailleurs et les majors du secteur, certaines ayant boycotté des sessions de dialogue social, aggravant le sentiment de blocage. L'ONEP évoque même un " sabotage " des réformes annoncées, rappelant que des conflits similaires avaient éclaté en 2016 et plus récemment fin 2023, sur fond de ''gabonisation'' des emplois et de primes supprimées.
Pour le gouvernement de Brice Clotaire Oligui Nguema, la situation devient sensible étant entendu qu'une grève dans le secteur pétrolier, pilier des recettes de l'État, serait un choc économique majeur. Les travailleurs parlent désormais de " dernier avertissement ". Si les engagements de mise en conformité ne se matérialisent pas rapidement, le Gabon pourrait s'acheminer vers une confrontation sociale directe, avec un impact immédiat sur la production, les revenus publics et l'image du secteur aux yeux des investisseurs.
Publié le 25/11/25 15:35
La Rédaction
SN
CEMAC