Après un début d'année difficile, les télécommunications gabonaises ont retrouvé un peu d'élan au deuxième trimestre 2026. L'indice du chiffre d'affaires de la téléphonie a progressé de 3,8% par rapport aux trois premiers mois de l'année, selon la Direction générale de l'économie et de la politique fiscale. Le redressement arrive après une contraction de 6,2% au premier trimestre. Le secteur efface donc une partie du recul enregistré entre janvier et mars, sans revenir pour autant sur une trajectoire de croissance. Un retour en grâce qui traduit surtout une normalisation de l'activité après un début d'année nettement plus faible.
La reprise vient principalement de l'usage croissant des services de données et de l'Internet haut débit. La DGEPF souligne également un redressement du segment " voix ", qui avait été moins dynamique lors des périodes précédentes. Les opérateurs ont ainsi bénéficié d'une demande plus soutenue sur plusieurs composantes de leur activité, et non d'un seul effet ponctuel. Dans un secteur où les usages numériques prennent une place croissante, la progression des données devient un facteur central de soutien au chiffre d'affaires. Le deuxième trimestre montre donc que la demande reste présente dès lors que les usages numériques retrouvent de la fluidité.
Ce rebond ne suffit toutefois pas à effacer complètement la faiblesse accumulée depuis janvier. Sur l'ensemble des six premiers mois de 2026, l'activité reste légèrement en retrait, de 0,3%. Comparée au deuxième trimestre 2025, elle n'avance que de 0,3%, ce qui traduit davantage une stabilisation qu'une véritable accélération. Autrement dit, la progression enregistrée entre avril et juin ramène surtout le secteur vers son niveau antérieur, sans créer encore un écart significatif avec l'année précédente. La croissance trimestrielle paraît donc plus forte que la tendance de fond observée sur le semestre.
La DGEPF attribue cette contre-performance semestrielle aux restrictions d'accès aux réseaux sociaux, considérés comme de forts consommateurs de services data. Cette contrainte a pesé sur la consommation de données, alors même que celle-ci constitue l'un des principaux moteurs de l'activité télécom. La note de conjoncture montre ainsi qu'une restriction d'usage sur certains services numériques peut rapidement se traduire dans les indicateurs de chiffre d'affaires. L'effet est d'autant plus visible que les services data occupent désormais une place importante dans l'activité des opérateurs. La reprise du deuxième trimestre s'inscrit donc aussi dans un contexte de retour progressif des usages.
Le deuxième trimestre envoie ainsi un signal de reprise, mais pas encore celui d'une croissance solidement installée. Pour que le secteur repasse dans le vert sur l'ensemble de 2026, l'amélioration observée entre avril et juin devra se prolonger sur les trimestres suivants. Le point d'attention sera notamment de savoir si la progression de la data peut compenser durablement les périodes de faiblesse de la voix ou les restrictions qui affectent certains usages numériques.
Idrissa Diakité
Publié le 07/10/26 11:32
La Rédaction
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CEMAC